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Workshop

15 décembre 2006 au 11 janvier 2007
ESP-KIN = Extra Sensorial Perception in Kinshasa - dimanche 10 décembre 2006 à 22h21 par Eléonore Hellio

Une proposition évolutive ->

ESP poursuit depuis 1999 une activité régulière publique autour de la performance en réseau, de l’interactivité et des médias ruisselants (connexions vidéo soniques analogiques et/ou numériques, chat, mondes virtuels 2D/3D, stream audio vidéo, VJing, DJing). A Kinshasa, où les infrastructures technologiques sont instables, ESP trouvera des moyens « extra-sensoriels » pour concevoir un ou des dispositif(s) d’invention collective en réseau.
Cette branche du workshop consistera à explorer le merveilleux au sein de la ville de Kinshasa. A partir de documents visuels, sonores et textuels collectés ici et au-delà, de rencontres et de rumeurs, il s’agira de mettre en jeu les rapports réels et imaginaires que les artistes et les habitants entretiennent avec le fantastique, le monde des machines et l’idée de technologie.

C’est aussi à partir d’une prise de connaissance du mouvement artistique Afro-futuriste que se construira un travail. En effet, l’afro-futurisme (Black to the Future) est une interzone entre le passé, les racines, la tradition et le futur. Un futur où la technologie ne cesse de progresser et de nous dépasser. De nombreux artistes pour la plus part afro-américains ont trouvé à travers l’utilisation de la technologie (low-tech & high-tech) une manière de s’émanciper en inventant de nouvelles formes d’expressions par le détournement, la recombinaison, le démontage puis le réassemblage aussi bien matériel que conceptuel de celle-ci.

C’est dans cette recherche d’une compréhension plus large d’un monde futur-présent que nous aboutirons à une active tentative d’ouvrir quelques portes vers d’autres dimensions, en partant soit de la réalité locale pour aller vers la fiction et la science-fiction, soit en partant de la fiction locale pour appréhender une réalité future composée aussi de virtualités réelles et de réalités virtuelles.

Quelques clés :

1- Science-fiction : colonisation physique, colonisation métaphysique, voyage et interruption espace/temps, AlieNation, sonic fiction...

2- Etats modifiés de conscience : transe, psychotropes végétaux et informationnels, pratiques magiques, dreamachines ...

3- Contes et légendes : animaux fantastiques, OVNI, expériences paranormales...

Nous tenterons parallèlement de trouver des accès au cyberespace, c’est à dire Internet.

Pour plus d’information sur mes activités voir sites :
Site Eternal Network : http://www.eternalnetwork.org
Site personnel : http://www.psychoflyer.org
Site collectif ESAD, coopération en ligne : http://www.esad-stg.net



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Les Bourgeois de Calais à Kinshassa - mardi 12 décembre 2006 à 01h53 par Pierre Mercier

Rodin et Les Bourgeois de Calais à Kinshasa Un feuilleton raconté en 5, 6, ou 7 épisodes par Pierre Mercier.

Je considère Les Bourgeois de Calais d’Auguste Rodin comme le premier monument moderne qui a tenté de prendre en compte, durant sa conception, le lieu de son installation et le corps du spectateur comme faisant partie intégrante de l’œuvre. L’abondante correspondance entre les commanditaires, le maire de Calais et Rodin lui-même en témoigne largement. L’on sait que Rodin n’a pu aller au bout de ses audaces (poser les Bourgeois au sol sur la place du marché) ce qui n’empêche pas que l’on puisse considérer son Å“uvre comme fondant une rupture radicale avec la tradition de la sculpture et du monument après le second empire.

Dans le cadre des scénographies urbaines et des échanges entre l’école de Kinshasa et celle de Strasbourg, je me propose de raconter, ou plus exactement de conter un bout de l’histoire de la sculpture du XIXème siècle en France, de la formation des sculpteurs et de leurs relations avec l’Académie. Cette histoire est pour une large part concordante avec la période de la colonisation du Congo. En 1881, Stanley fonde Léopoldville (l’actuelle Kinshasa) tandis que Rodin est à Bruxelles pour décorer le palais de la Bourse tout en travaillant à L’age d’Airain. Mais des situations plus contemporaines me permettront de faire comprendre au public les relations entre un artiste et l’État ou les institutions dans lesquelles il est amené à travailler. Ce n’est cependant pas comme historien de l’art mais bien comme artiste que j’aborderai toutes ces questions. Je conçois mes cours, mes récits ou mes contes comme des performances qui s’effectueront, pour chaque épisode, dans des dispositifs différents imaginés et réalisés avec des étudiants de l’école d’art dans le cadre du workshop que nous devons y animer, Éléonore Hellio, Francisco Ruiz de Infante et moi-même, les artistes européens blancs de l’opération.

J’ai bien sûr imaginé un dispositif classique type salle de classe, mais aussi une retransmission en direct avec micro, haut-parleurs, et projection sur écran géant. (À la façon dont est retransmis un discours politique). J’ai imaginé réaliser une émission de radio, j’ai imaginé être assis comme un conteur sous un arbre à palabre, j’ai imaginé être dans un bar, ou dans le hall d’un hôtel, j’ai imaginé être dans un jardin, ou dans la rue … Mais je suis prévenu : rien de ce que j’imagine ne se trouvera facilement réalisable sur place. Je sais cependant que si je ne dispose d’aucun matériel de projection d’images je suis prêt à distribuer des photocopies ou des cartes postales, ou alors que je suis prêt à mimer ou faire représenter l’attitude de telle ou telle sculpture, prêt à demander à des modèles de représenter la scène des Bourgeois avec toutes les « traductions » que cela implique. C’est dire que tous les dispositifs de transmission d’un projet, d’une idée, d’une information, d’un savoir ou d’une mémoire « m’intéressent ». Mais, ces « choses » sont depuis plusieurs années maintenant au cÅ“ur de mon travail artistique et de mon travail d’enseignant qui, pour moi, sont une seule et même « chose ».

Voir promenade Bourgeoise, film en cours de réalisation



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« LE CROCODILE APODE » - lundi 18 décembre 2006 à 00h00 par Francisco Ruiz de Infante

« LE CROCODILE APODE » (lignes captain F pour un travail à Kinshasa)
 Ma participation dans le projet « DELTA > LOG » consiste en mettre en place, animer et faire fructifier un volet d’ordre documentaire. Il devrait rendre compte des paradoxes générés par les actions proposées par l’équipe ART3 constitué à Kin (moi y compris).


Point de départ (flash-back historique) :
 « Un pilote d’hélicoptère belge en 1959 a photographié d’altitude un serpent vert brunâtre dans la brousse du Congo. La photo montre que cet individu faisait entre 10 et 12 mètres de long, ce qui en fait le plus grand serpent enregistré sur la terre. La plante favorite de la bête serait une sorte de liane riveraine à grandes fleurs blanches, qui sécrète un latex. Sa taille serait à peu près celle de l’éléphant, ou au moins de l’hippopotame en tout cas. Il semble avoir un long cou flexible et une dent unique. La créature doit se retirer de préférence au sein des cavernes innombrables, creusées sous la surface de l’eau, dans les berges argileuses du fleuve jugulaire »

 Point de départ (on time) :
 « Trois pilotes européens s’agitent à la recherche du Crocodile Apode qui continue d’aplatir la brousse dans les jours qui séparent 2006 et 2007. Chacun d’eux apporte sa diplomatie, ses armes et ses appâts pour mieux dialoguer dans des terres inconnues. Ils sont tous les trois fraîchement vaccinés… mais ils savent qu’il n’y aura pas de neige à noël et qu’un crocodile apode pourrait bien être un magnifique et dangereux serpent ».

 Genre : Profondément documentaire (malgré les apparences)
 Cette branche du Workshop permettra de rendre compte de façon multiforme d’un voyage dans quelques mètres carrés de la ville posturbaine de Kinshasa, celle qui résiste « Ã  l’objectivation, à la colonisation, à la synthèse et au résumé ». Rares sont ceux qui sont parvenus à exprimer cet aller-retour effervescent entre « destruction et régénération »â€¦ la quête du Crocodile Apode permettra peut-être de comprendre un peu.


 Ã‰TAPE 1 : « Ã  distance » (du 17 au 26 déc.)
 Avec la complicité de Pierre Mercier, Eléonore Héllio et des participants à la première partie du Work Shop, sera mis en place un système via Internet pour rendre compte et générer des dialogues autour des activités pendant les 10 premiers jours du travail des Art3 à Kin. Francisco Ruiz de Infante restera disponible, attentif et actif depuis sa base au fond profond de la campagne française.


 Ã‰TAPE 2 : « sur place » (du 27 déc. au 5 janvier)
 Arrivée de Ruiz de Infante à Kin. Constitution d’un groupe de travail pour activer physiquement les articulations des lignes lancées pendant l’étape 1. Il sera nécessaire d’avoir un lieu : « le bureau du Crocodile Apode » pour analyser et organiser les matières. Il sera réservé un temps spécifique d’information autour des frontières entre réalité et fiction dans l’art contemporain (avec des exemples audiovisuels à l’appui).

 â€¢ Terrains de travail pour générer des matières :
 Texte (journal, transcription d’entretiens, descriptions, traductions, citations…), images fixes, dessin (schémas, construction de plans des lieux d’action en ville…) , images mouvantes (tournages, documents d’archive, références…) et sons (ambiances, entretiens, bruits et musiques)

 â€¢ Terrains de travail pour organiser les matières :
 « Séquences dans l’espace » : installation, polyptique, jeu de pistes…
 « Les conteurs » : journal, performance, site Internet, film…


 Ã‰TAPE 3 : « le jour 6 » (6 janvier et suites du 6 au 9)
 Dense journée au cours de laquelle seront visibles différents états de travail, adaptés au contexte des « scénographies urbaines ».


 Pour plus d’information sur mes activités voir sites :
 http://www.mediatecaonline.net/ruizdeinfante
 http://propuestas.artmedialabs.com/netart3/ok/
 http://www.itinerariosdelsonido.org/
 http://www.testmadrid.org/pages/fco_ruiz_infante.html



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WORKSHOP/COMPTE-RENDU - lundi 9 avril 2007 à 08h12 par Pierre Mercier

première rencontre avec l'équipe pédagogique de l' ABA
 
 
  Un grand nombre de responsables et d’enseignants de L’ABA ont été impliqués dans la préparation, le déroulement ou le bilan de ce workshop : Mr Daniel Tange Shongo (directeur) - Mr Makala Mbuta (secrétaire général) - Mr Ndundu Mimgi Lema (chef de la section arts plastiques) - Mr Diakabama (chef de la section arts graphiques) - Mr Dominique N’Kayilu (chef du département architecture intérieure) - Melle Francine Mava (enseignante en céramique) - Charles Tuiba Kekwe (assistant chargé des relations internationales) - Mr Mabudi Yoto (chef du département sculpture) - Mr Botembe Mimbayi Lita (chef du département peinture) et quelques autres encore, pardon à eux de ne pas les citer expressement.
 

WORKSHOP ABA/ESAD Décembre 2006
 
 
  Conduit pendant une semaine en deux groupes distincts, l’un par Éléonore Hellio, l’autre par Pierre Mercier, ce workshop s’est poursuivi en un seul groupe à l’arrivée de Francisco Ruiz de Infante.
 

À la fois théorique et pratique il s’est agi de montrer et d’expérimenter avec plus de trente étudiants une méthodologie de recherche et de création dont la restitution publique a été l’enjeu primordial. Montrer un processus comme une forme impure et complexe d’une œuvre sans prétendre atteindre à la réalisation d’un objet fini plus ou moins facilement repérable dans le champ officiel des objets d’art, voilà quel était l’enjeu essentiel de ce workshop. Il nous faut considérer que seuls les étudiants présents lors de la présentation publique nocturne du workshop ont effectivement pu bénéficier entièrement de l’expérience que nous avions mise en place (voir liste dans tableau image plus bas).
 


 
  Présentation du workshop en présence des responsables des départements de sculpture, peinture, architecture intérieure et céramique. Charles Tuiba Kekwe qui a coordonné tout le workshop est assis au dernier rang.
 
  cartographie 1
 
  Nous avons essayé avec des étudiants de communication graphique de travailler sur une forme cartographique pour relater au jour le jour les travaux et réflexions abordés dans chaque groupe. Visualiser des réseaux. Malgré un assez lourd travail, cela n’a pas pu aboutir.
 
  cartographie 2
 
  cours PM
 
  Tandis que Pierre Mercier, à partir de l’analyse du monument de Rodin, Les Bourgeois de Calais, proposait une réflexion sur les notions de dispositifs et d’installation prenant en compte la présence directe du spectateur, Éléonore Hellio proposait un historique des réseaux, pas seulement les réseaux informatiques, et abordait des problématiques voisines en empruntant un tout autre chemin.

 voir les récits des premiers jours par Éléonore :
 http://esad-stg.net/jour-2-jour-3-jour-4
 
  cours EH
 
  cours EH+PM+FRI
 
  Expliquer l’origine d’un projet et d’une idée, la développer en l’enrichissant par une mise en relation avec d’autres travaux et l’analyse du contexte dans lequel elle était produite et souhaitait être montrée constituait le travail quotidien du workshop. Ce fut l’occasion de débats passionnés et l’apprentissage de la prise de parole en public.
 
  organigramme
  Liste des étudiants les plus présents et ayant pu participer à la présentation publique de leur travail à la fin du workshop (voir organigramme ci-dessus) :

Bosilo Botayi - Banze Nzenge - Dangi Michel - Gandhi Kasongo - Gueyllor Fukiandi - Kakongolo Mundadi - Kiki Zamunda - Kabumibi Ka Tshoto - Kihalu Mushi N’Ganda - Carlos Kalongi - Mpinga Mukenai - Mangovo Chrushna - Matameso Kakongolo - Matameso Mamzambi - Male Tresor - Mapeki Sangu - Mekhar Azari - Mulumba Kamanda - Mulumba Nkashama - Mukongole Tshababila - Matumona Bienvenu - Nduku Dede - Nzuzi Polo - Patouche Monzoï - Penga Mundadi - Rek Kandol - Tange Shongo - Tenda Lomba - Tshibaka Tshibangu - Tshikengela Ibrahim

  presque tous là
 
  Comprendre qu’à tous les stades où "l’Å“uvre" se construit, l’art est présent et que l’on peut créer des espaces et des temps pour le montrer.
 
  un jour ordinaire
 
  Puis vint le grand soir des présentations publiques, certains étaient comme des conteurs qui présentaient leur travail en direct, c’était l’oeuvre présente sous une forme performative. D’autres étaient plutôt des conférenciers qui montraient une reproduction mais la commentaient en direct.
 
  Fin du workshop en public
 
  Il nous parait important de rappeler que quelques participants au workshop étaient dans le même temps assistants d’un ou plusieurs artistes présents à Kinshasa pour les "scénographies urbaines". Chacun d’entre eux a saisi l’occasion pour intervenir personnellement dans l’espace public en produisant à chaque fois une performance qui nous a fait découvrir des oeuvres fortes et engagées. Voir :
 

http://www.eternalnetwork.org/scenographiesurbaines/index.php?cat=kinartistes
 
 

Pour conclure, rappelons donc que le but de workshop n’était pas d’exacerber ou de promouvoir des "talents" individuels, mais plutôt d’expérimenter la possibilité de regrouper des forces, fussent-elles contradictoires, pour réaliser, ensemble, un évènement. Cet évènement est une tentative de création d’un "agencement machinique" de formes et de désirs qui, mettant l’analyse les mécanismes décisionnels au centre du travail, produit à son tour une forme qui n’est ni naturelle, ni spontanée.




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