Les photographies sont prises chez les sujets concernés.
Les corps sont déjà figés au moment de la prise, je ne les prends pas dans un mouvement, mais les arrête dans leurs propositions.
J’avais envie par là d’intensifier cette immobilité qu’impose la photographie, ces corps ne s’expriment pas véritablement, ils sont déjà en image.
Ce sont des gens que je connais et que je met en espace et en situation de façon assez instinctive, dans ce qu’ils peuvent m’évoquer... Mais ce sont des corps avant tout, que je déplace, dont je me sers, presque comme des objets, des éléments d’un décors.
Ils sont les habitants d’une photographie, au même niveau qu’une image de calendrier montrant un couple nu, ou qu’un chat empaillé sont les habitants d’un lieu donné.
L’espace se referme, les corps sont imbriqués dans l’espace, celui du décors, et celui de la photographie, ils s’y résignent.



