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AL KAKANDA MPINDA - dimanche 27 mai 2007 à 15h52 par Géraldine Trubert

je rencontre A à l’académie il a choisi le thème du DESSOUS. Nous partons pour Bandale. Il m’emmène sous le pont Makelele. Ce pont relie deux communes Bandale et Kitambo séparés par une rivière. En lingala (langue parlée à kin) le dessous se dit « YA SE « ya voulant dire « appartenance » et se « bas » (en « lingala codé » c’est-à-dire en argot, il s’agit aussi du sexe de la femme). il a choisi ce pont puisqu’il comporte des activités en dessous. En effet nous nous y rendons, et l’on peut voir une terrasse, des enfants, des gens de passage.nous croisons une rivière au travers de notre chemin. Un pont a été improvisé avec de la tôle. Ce pont a un propriétaire su r l’autre rive qui attend son droit de passage. 100 Frs congolais. Je demande à A, à qui appartient la rivière ? aux deux communes me dit-il. et le pont ? à lui . c’est comme le fleuve Congo d’un côté, il appartient à la RDC et l’autre au Congo, c’est une frontière naturelle me dit-il. c’est bien plus qu’une frontière naturelle d’ailleurs, elle est belle et bien géopolitique. je lui dis qu’à mon sens une frontière n’appartient à personne, c’est un no man’s land. De toute façon, une frontière, on ne fait que la traverser, on n’y stagne jamais. En marchant, il se dit déçu de n’être pas autorisé à prendre des photos car il a acheté il y a deux jours un appareil pour touriste comme il dit. Quelle est la différence entre une photo de touriste et une photo d’artiste ? le touriste se souvient, l’artiste se documente selon. On expérimente et mémorise quelques points de vue dans l’espace : sous le pont, sur le pont, à côté, le regard toujours dirigé vers l’endroit où on est pas. Parce qu’avec le pont, c’est dessus-dessous mais aussi dedans-dehors. Il fera donc des dessins de mémoire du pont de différents points de vue ainsi qu’une carte vue du dessus, pour parler de ces couches. Le deuil d’un sportif interrompt notre marche. On se retire sur une terrasse, car une mundele qui croise un cortège de quelques centaines de personnes peut crée un dérangement. Au calme, A me demande « pourquoi les noirs se sentent toujours en DESSOUS des blancs ? » Je me rends compte qu’il faut toujours un temps assez long pour parler en profondeur, pour discuter du choix de leur mot et qu’il n’est jamais uniquement pour parler d’espace. Discussion. Nous partons et il me parle d’un immeuble en ville (Gombé) qui comporte 35 étages au dessus et 19 en dessous. Nous n’irons pas. Sur le chemin retour, je lui demande comment il a appréhendé le travail. C’est 5 minutes avant de se quitter qu’il me sort une feuille sur laquelle est inscrite la définition du dictionnaire de dessous, avec ses dérivés, « en dessous d’une personne », une définition de la scénographie comme conception de l’espace théâtral. A qui veut-il s’adresser ? « pourquoi aux états unis il y a des ghettos pour les noirs ? » A on fait une photo de nous pour se souvenir… (G.T)

dans l’attente d’une note d’intention : projet d’espace impliquant le visiteur à se questionner sur le progrès.


 
 
 


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