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About "Stranger" and other things - jeudi 25 février 2010 à 01h54 par Elsa Macaret

Le texte écrit aujourd’hui, que j’ai fait lire à Claire en cours tout à l’heure :

Nous nous demandions souvent ce qu’était la performance, sans toutefois vouloir réellement trouver une réponse. Nous pensions, peut-être, que nos réflexions participeraient à l’élaboration d’une possible définition.
« To perform ». Agir.
Pour les anglo-saxons, cela semblait moins problématique.

1. exécuter
2. accomplir
3. réaliser
4. effectuer
5. faire
6. jouer
7. représenter
8. marcher
9. fonctionner
10. interpréter

À l’heure où les écoles d’art proposaient des cours de performance, autrement dit, des « leçons d’agir », certains avaient pris le parti de nommer ainsi tous les travaux qui s’offraient « directement » au spectateur, j’entends par là « en live », en temps réel.

1. vivre
2. habiter
3. s’installer
4. résider
5. occuper
6. se nourrir
7. percher
8. appliquer
9. exercer
10. être à la hauteur de

ou

1. vivant
2. en vie
3. vif
4. actif
5. dynamique
6. sur pied
7. ardent
8. réel
9. en direct

Et dans la performance, nous avions souvent vu ce temps - à la « réalité » toute relative - confronté à d’autres temporalités. Ce que nous appelions le temps différé.
Différé = qui diffère. Ne serait-ce que de quelques secondes.
Ce sont sûrement ces quelques secondes qui étaient primordiales dans « Stranger ». Cet infime moment qui voit la pensée transformée en signes, les signes en signaux, et REWIND, vice-versa, encore encore encore encore encore.
L’aire des cercles et des traits.
Oser croire que l’on peut réunir enfin plusieurs espaces - mentaux, géographiques, virtuels, dans un temps qui n’est déjà plus le même.

Skype :
Tu disais « jour », j’entendais « bon », nous croyions nous comprendre.

OMEGLE :
People are strange over there.
No one remembers your name.
Je veux dire, vas-y, fais péter la chat-roulette.

Il aurait fallu qu’on se fiche du vivant.
Il aurait fallu qu’on ne désire pas jouer avec les choses mortes.
Notre nécrophilie nous rattrape toujours.
Adorer l’image de ce qui n’est pas là, et triturer l’objet qui nous relie à elle.

A propos de la finition fétichisante de la performance : nous avions bien un penchant pour les substituts.
La peur du vide qui nous pressait contre la vie, au prix d’envies morbides qui créaient des has been, plus possible d’exister à nouveau.

Et pendant que nous dressions des listes, d’autres performaient ce qui allait s’y ajouter.
Nous l’avions donc déjà manqué.

« Je ne crois pas du tout que ce changement vienne empirer les choses ; bien au contraire. Mais il s’agit d’un changement, et pour moi changer, passer d’un état à un autre, est une mort partielle ; c’est quelque chose de nous qui meurt, et notre âme, bon gré mal gré, sent toujours l’effleurer la tristesse de ce qui meurt et de ce qui se passe. »
F.P.

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