De l’hermétisme, du symbolisme, du Signe et de l’angoisse de la page blanche.
" Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !
Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.
Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne "
Ce poème de Mallarmé (1842-1898) n’a pas de titre, il ne s’appelle même pas sans titre.
Tiens il a dit ça aussi...
« La Poésie est l’expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence : elle doue ainsi d’authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle. » Mallarmé, René Ghil, Avant-dire au Traité du Verbe
« (...) Qui parle autrement que tout le monde risque de ne pas plaire à tous ; mieux, de passer pour obscur aux yeux de beaucoup. (...) L’attrait de cette poésie tient à ce qu’elle est vécue comme un privilège spirituel : elle semble élever au plus haut degré de qualité, moyennant l’exclusion de la foule profane, cette pure joie de l’esprit que toute poésie promet.[2] »
Mallarmé, Paul Bénichou, Selon Mallarmé, Gallimard, 1995
First Brutti, Champagne.
Suggestion d’Elsa Macaret : "maintenant que tu as intégré l’univers SPIP, n’hésite pas à compléter l’article LoveArtFistSight."
Suggestion de Kévin Senant : "Encore"