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Petit résumé de notre séance de projection de jeudi soir. - lundi 18 janvier 2010 à 20h27 par Isabelle Vali

Etudiants présents : Julien, Clémentine, David, Itzel, Maelle, Léa, Isabelle.

Etant donné qu’on a ramené 17 K7 de films de notre semaine à Kinshasa, c’est un peu compliqué de tout voir, mais c’est quand même important d’assister aux débats, plutôt qu’on vous résume ça en deux mots. Donc on a décidé de les prendre dans l’ordre et de commencer par le commencement...

Pour ceux qui n’ont pas pu venir, voici un petit résumé du début des vidéos :

Au tout début, le séminaire a commencé par des questions adressées aux étudiants kinois, autour de l’exposition et du musée en général :

Est-ce que vous êtes déjà allés dans un musée ou voir une exposition ? Si oui, quels sont les lieux d’exposition ? Qu’est-ce qui était exposé ? Quelles sont les personnes qui vont voir des expositions à Kinshasa ?

Les réponses montrent que les étudiants n’ont pas vu beaucoup d’expositions en général, à part à l’école. La plupart n’ont jamais eu l’occasion même de visiter les réserves du musée.

Les principaux lieux d’exposition étant les grosses institutions, : Centre Culturel Français, Académie des beaux-arts, ou des lieux éloignés de l’école : Zoo, jardin botanique. On peut voir des travaux d’artistes dans leurs ateliers, mais ce ne sont pas des lieux d’exposition à proprement parlé, et rares sont les visiteurs qui y rentrent.

Dans ces lieux étaient exposés des photographies, des objets anciens sur l’art Kongo (qui vient du bas-Congo), et des peintures.

D’après les étudiants, les personnes qui se rendent aux expositions ne sont pas très nombreuses, ce sont les « initiés » comme eux, qui s’intéressent à l’art. Il y a plusieurs obstacles à ça : Le problème, selon eux, c’est que la population de Kinshasa, ne se rend pas aux expositions car on ne leur explique pas les choses, et donc ils ne les comprennent pas, et ne se sentent pas concernés, alors que quand on en discute avec eux, le sujet les intéresse. La plupart du temps il n’y a pas de guide pour leur expliquer et les cartels sont écrits en français et non en lingala. Ensuite, certains objets peuvent effrayer les gens, car ils ne sont pas regardés pour leurs qualités artistiques ou historiques, mais comme l’Å“uvre de fétiches, et donc potentiellement dangereux selon les croyances. Et enfin, des personnes ne veulent mais surtout ne peuvent payer pour voir une exposition alors qu’ils arrivent tout juste à manger.

¬ Quels seraient les moyens d’attirer les habitants de Kinshasa à venir voir un évènement qui les concerne tous (car il s’agit là des 50 ans de l’indépendance) ?

Différentes propositions d’étudiants :

- Faire plus de publicité
- Les attirer avec ce qui leur plait le plus, ce qu’ils aiment : musique, foot, danse
- Faire un défilé dans la rue en exposant déjà des Å“uvres
- Les inciter à venir avec des boissons et de la nourriture
- Déplacer l’art dans la rue

Discussions avec les étudiants kinois sur les origines du musée, au sens d’expositions, mais surtout de collection.

Retour à Strasbourg... débats lors de la soirée entre nous :

- Doit-on vraiment attirer le public à un tel événement ? Ou plutôt l’amener à lui et le faire participer ?

- Doit-on réellemnt montrer de « vieux objets » ou des objets plus contemporains qui concernent plus le public ? Comment un masque peut-il refléter l’indépendance ?

- Retour de la discussion sur notre départ mouvementé de Paris pour Kinshasa, à propos des émeutes dans l’avion du à l’expulsion de sans-papiers dans leur pays. Comment peu-on réagir face à un tel événement ? Peut-on faire quelque chose ?

- Comment on expose et de quoi on parle exactement ? Choix d’artistes. Comparaison avec l’évènement du cinquantenaire du ministère de la culture à l’Esad : dans lequel les présentations ont été abordées sur un ton ironique, de critique par rapport à l’actualité et il n’a jamais été question de rappeler l’histoire (Malraux...)

- Une exposition dans laquelle le public pourrait se reconnaître dans des documentaires serait peut être un moyen d’attirer les gens...( interview de masse...)

- Nous avons souligné l’importance de certaines propositions kinoises de faire le lien entre traditions et modernité. Ex : proposition d’un étudiant congolais de mettre en parallele des coiffes contemporaines et des photos de coiffes traditionnelles. Autre exemple : confronter un tambour qui servait a communiquer et un telephone portable ou encore , suivre l’évolution de la mode

- Nous avons constaté que pas mal d’étudiants kinois proposaient des projets de l’ordre de la reconstitution historique, s’approchant parfois de l’histoire des zoos humains en occident. Citation de Rek, artiste indépendant kinois : « Un scénographe français a reconstitué un village moussakai qui intéressait plus le monde extérieur que le public congolais ».

Pendant la semaine à Kinshasa, nous avons donc décidé de leur montrer le film « Zoos humains », ce qui a provoqué un sentiment de colère mêlée de tristesse, générale.

Face à un événement comme les 50 ans de l’indépendance, peut-on montrer ce genre de film au risque de provoquer des réactions similaires à plus grande échelle ? Ou sinon comment le montrer ?

Comment nous les étudiants strasbourgeois se place-t-on par rapport à cette rancoeur envers les colons ?

- Un étudiant strasbourgeois avait exprimé le rêve d’une exposition sans tabous. En réaction, citation d’un étudiant kinois : « Les tabous changent selon la culture. Dans mon ethnie, les tabous ne sont pas les mêmes que dans la culture occidentale. »

- Rapport à L’Histoire : L’ occident à imposé l’écriture, qui laisse des traces et donc formate, elle est dans ce sens plus forte que la parole qui s’envole. Ceci induit forcément qu’à partir de l’arrivée des colons, l’histoire de l’Afrique, comme celle de l’Amérique latine, a été écrite à travers le regard des blancs. A méditer...

Pour faire un état des lieux du présent et de l’avenir, doit-on forcément parler du passé ? C’est le débat qui a suscité le plus de désaccord entre nous : pour savoir où on va, doit-on savoir d’où on vient ? Doit-on remuer le couteau dans la plaie, en ressassant le passé au lieu de parler d’avenir ? Comment dépasser le passé ?


 


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