Né à Onalua (territoire de Katako-Kombe au Sankuru (district du Kasaï-Oriental, province de la République Démocratique du Congo), Patrice Emery Lumumba faisait parti de ce peuple du groupe Mongo, du sud-est du bassin du fleuve Congo, entre la Lomami et le fleuve Congo. Les tetelas. Leurs langues ethniques est l’otetela. D’où le titre "Polo lengo" qui veut simplement dire "Jusque là -bas".
Partant d’une phrase que j’ai entendu lors d’une discussion sur les conditions de vie de la République Démocratique du Congo avec un septuagénaire à Kinshasa, mon attention n’a pu s’en débarrasser. "Na nzembo wana ba lobaka nini ?" en cherchant à savoir ce que veulent dire les phrases de l’hymne national. De manière brève, le "Debout congolais", cet hymne au paroles remarquables, est incomprise de la grande partie de la population dite lingalophone ou autres. Celle qui comprend de moins en moins le français qui est après tout la langue officielle depuis l’époque colonial. Et cela n’est pas du à un manque total de volonté mais plutôt pour la plupart d’un non choix par rapport à leurs situations ne permettant pas la scolarisation de leurs progénitures et la forte implication de l’exode rural.
Ainsi pour commencer je me suis permis tout de suite de penser à traduire le "Debout congolais", l’hymne actuel en lingala, qui est non seulement la langue la plus parlé à Kinshasa mais aussi qui était celle d’emprunt lors de notre discussion vieil homme et jeune homme. J’enregistrerai ensuite la version traduite chanté sur CD que je mettrai dans un lecteur qui fera parti de mon installation sonore et vidéo. Il s’agit ici d’un mobilier roulant fabriqué à l’aide d’objets de récupération métallique avec 50 cm d’ hauteur et 65 cm de largeur et de profondeur pour la partie essentielle qui contiendra mes deux éléments phares (radio et télévision). Ensuite interviendra le deuxième volet qui est celui d’une performance-danse accompagné d’un groupe folklorique tétéla ainsi que quatre pygmées (deux de chaque côtés de moi) en tenue classique (veste, cravate, etc...). Le mot pygmée (du grec πυγμαιος, pygmaios, haut d’une coudée) désigne un individu appartenant à des populations spécifiques caractérisées par leur petite taille, inférieure à 150 cm. Il ne s’agit pas de nanisme au sens commun (maladie due à la mutation d’un gêne comme dans l’achondroplasie, la forme la plus commune de nanisme) mais d’une adaptation morphologique au milieu de la forêt équatoriale dans laquelle vivent ces populations. Le terme peut avoir une conation péjorative.(Wikipédia). Juste derrière moi à une distance d’1 mètre je trainerai une chèvre avec une corde que j’attacherai à la hanche et l’autre bout au cou de la bête (Signe de festin en RDC). L’animal et moi serons vêtus de combinaison en tissu légé (tergal ou autre...) de couleur noir. Nous partirons ainsi en dansant de la résidence de P. E. Lumumba situé sur le boulevard du 30 juin jusqu’à l’Académie des Beaux-Arts. Cela équivaut à une distance d’une demi heure en dansant. Arrivé sur le fameux lieu de l’exposition (ABA), nos quatres amis (les pygmées) se saisiront d’une machette afin de couper la corde et d’égorger la bête puis m’imbiberont tout le corps avec son sang. Sans être à la traine j’enchainerai avec l’hymne national en lingala à haute voix. La chanson terminé, je me dirigerai jusque là où j’installerai mon mobilier metallique avec tous ses composants (radio surtout) pour faire jouer l’hymne enregistré. fin de la performance.
J’installerai mon mobilier dans le musée en activant ses composants. On entendra alors la chanson jouer en permanence ainsi qu’un film d’animation bouclé de nos leadeurs nationaux entrain de la chanter.
C’est ça l’indépendance !!!
HYMME NATIONAL ACTUEL
Debout Congolais, Unis par le sort Unis dans l’effort pour l’indépendance. Dressons nos fronts, longtemps courbés Et pour de bon prenons le plus bel élan, Dans la paix Ô peuple ardent Par le labeur Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant Dans la paix Citoyens Entonnez l’hymne sacré de votre solidarité Fièrement Saluez l’emblème d’or de votre souveraineté Congo ! Don béni, Congo ! Des aïeux, Congo ! Ô pays, Congo ! Bien aimé, Congo ! Nous peuplerons ton sol et nous assurerons ta grandeur Trente juin, ô doux soleil Trente juin, du trente juin Jour sacré, soit le témoin, Jour sacré, de l’immortel Serment de liberté Que nous léguons À notre postérité Pour toujours
Paroles Simon-Pierre Boka Musique Joseph Lutumba Adopté en 1997
Le Révérend Père Boka mérite la reconnaissance de la nation
Kinshasa, 28.06.2001 - En ces moments précis où nous nous apprêtons à commémorer dans la joie, une joie certes mitigée, le 41ème anniversaire de l’accession de la République démocratique du Congo à sa souveraineté nationale et internationale, nous avons pensé à publier les discours de 3 intervenants de la mémorable journée du 30 juin 1960, à savoir Sa Majesté le Roi Baudouin 1er, Son Excellence le Président Joseph Kasa Vubu et Monsieur le Premier Ministre Patrice-Emery Lumumba.
La circonstance se prête également pour rappeler (à ceux qui le connaissent) et apprendre (à ceux qui ne le maîtrisent pas) notre hymne national, le "Debout Congolais". Mais, avant de livrer ce texte plein de prophéties, pour ainsi dire, et d’exhortations à un effort collectif en vue de bâtir une nation forte et prospère au coeur de l’Afrique, nous allons devoir parler, en deux mots, de cet auteur dont nombre de nos compatriotes ont perdu les traces.
Hommage au père Boka, mérite la reconnaissance de la nation
Le Révérend Père Simon Boka di Mpasi est vivant, en chair et en os. Il vit actuellement en Afrique de l’Ouest, sur la côte Atlantique. Où ses médecins traitants le soumettent à une cure d’air marin, de sommeil et de silence. C’est ce qui explique que le questionnaire de L’Observateur ne soit pas traité. Voyons brièvement sa biographie.
Le RP Jésuite est originaire du diocèse de Kisantu, du territoire de Madimba, district de la Lukaya, dans la province du Bas-Congo. Il est né le 20 septembre 1929. Docteur en théologie de l’Université grégorienne de Rome. Il est l’auteur-compositeur de deux hymnes nationaux du pays, à savoir le "Debout Congolais" en 1960 et "La Zaïroise"en 1971. Il est le traducteur, du kikongo en français, de 250 hymnes kimbanguistes (Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu).
Outre les chansons, le RP Londi Boka di Mpasi est le fondateur de la revue "Telema" qu’il a dirigé comme Directeur-administrateur de 1975 à 1998. Il a exercé les fonctions suivantes : professeur à Lumen Vitae de Bruxelles (1978-1986), à la Grégorienne de Rome (1983-1999), à Regina Mundi de Rome (1988-1999) et à Hekima Collège de Nairobi, au Kenya (1984-1993). Il est chercheur de théologie pastorale et quêteur d’expériences de terrain dans deux pays d’Amérique latine, dix pays d’Europe et quinze autres d’Afrique. Il participa en qualité d’expert au Synode africain tenu du 10 avril au 8 mai 1994.
Il a écrit de très nombreux articles dans 15 revues internationales et il a publié plusieurs livres, notamment "Rôle médiateur du Saint Esprit dans la révélation du Christ", chez Saint Augustin (Pug Rome, 1986), Verso una cattolicita arcobalenol etll (Pug Rome, 1998-1999) et "Théologie africaine, inculturation de la théologie" (Inades, Abidjan, 2000). Nous allons présenter ce dernier livre dans l’une de nos prochaines éditions.
Debout Congolais
Cet hymne national a été exécuté de 1960 à 1971, année au cours de laquelle la République démocratique du Congo a changé de nom, devenant République du Zaïre. La débaptisation du fleuve Congo et de la monnaie, passant du franc congolais au zaïre-monnaie, devait nécessairement entraîner le changement de l’hymne national. C’est dans ces circonstances que les talents du Père Jésuite furent également sollicités. Une avenue de la Gombe, celle qui sépare le Collège Boboto de l’ISP/Gombe, porte le nom de l’illustre auteur-compositeur de l’hymne national. Il mérite plus que cela.