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Chroniques Memoires

Jeudi 31 Octobre 2013 – Chronique à compléter du LDS par Agent #20131031

Suivis de mémoire Antoine et Anaïs

Antoine
Antoine : « j’ai peur de vous faire du name-dropping »
Hellio : « moi j’adore le name-dropping »
A : « un texte, Rescapés, > Fernand Deligny : Le Moindre geste (film) (extrait youtube), Cévennes, autisme, Deleuze en parle quand il parle de rhizome et de lignes d’air. En parallèle, Les Oiseaux, d’un auteur norvégien Tarjei Vesaas, un personnage qui voit les choses plus profondément que tout le monde. + acteur Bogouslavsky joue dans des films de Duras, il a grandit dans la nature… Ces personnages sont des rescapés, des rescapés du langage, sans code, rapport très fort à la nature. Parfois j’en parle comme rescapés, parfois comme passeurs. Rapport à la langue et au lieu, stupéfaction face au monde. Comment rendre compte de l’invisible ? C’est pas des théoriciens mais des acteurs, … J’essaie d’éviter le « catalogue de fous ». Kaspard Hauser, qui aurait grandit une quinzaine d’années dans une cave, écrit son expérience, avec un allemand très particulier.
John Clare, paysan anglais très pauvre, passionné par la poésie. Emmené à Londres, ne supporte pas. Voyage hors des limites de l’Essex.
Présence, stupéfaction, représentation
Derida en a parlé, comment mettre en scène quelque chose qui nous dépasse ? »
H : « on pourrait faire un parallèle avec l’art brut ? »
A : « j’ai pas vraiment envie d’aller vers ça » « je les prends comme des passeurs vers un monde particulier » « j’essaie de pas les prendre comme des fous mais comme des auteurs » « Deligny n’est pas fou » « il cherche à vivre avec eux »
H : « l’art singulier ou l’art brut c’est pas du tout l’idiotie »
A : « on sait que c’est pas très valable, quand Dubuffet a intégré Chaissac puis l’a évincé »
H : « c’est pour ça qu’on dit plutôt l’art singulier »
A : « il y a des paroles singulières dont je vais parler. Mais aussi Duras, Jean Claude Rousseau, un film en Super 8, un rapport au lieu très particulier »
Anaïs : « Philippos Koutsavtis, La Pierre triste (film), personnage de Constantin, travail sur les archéologues, personnage du « fou du village » dans un autre temps, qui passe son  temps à déplacer les pierres, déplacer l’espace »
Antoine : « Jean Marie Gleize, les Straub, le lieu sous différents axes. Straub : « que l’endroit fasse lentement partie de nous-mêmes » « j’ai lu récemment W.C.Williams, Patterson (film) » « …réalisateur à Genève » « pour parler de John Clare, je me suis mis à parler de François Tanguy, metteur en scène de La Fonderie / le Théâtre du Radeau, dans son rapport à la langue, il te raconte une pièce avec une parole en marche, comme un ruisseau, c’est plus mélodique que rythmique, il écrit en poème, j’ai enregistré des conversations avec lui, il a un théâtre, La Fonderie, au Mans. Il est ailleurs. Claude Régy aussi, à Paris, La Barque le soir (pièce). »
H : « toi aussi tu vas être un rescapé du langage ? »
Anaïs : « en 1ère année, t’avais lu un texte, t’as une découpe du langage assez particulière »
A : « je garde l’écriture poétique pour mes films, je pense pas que ce soit au coeur du mémoire » « parler de la lenteur et de cette capacité à attendre, Jean-Luc Mylayne, qui photographie les oiseaux en attendant qu’ils viennent se poser devant l’objectif » « rapport à l’attente, au texte, au lieu, à la voix » « je vais parler des films de Duras, mais que dans le rapport au son, à la voix, et à la disparition de l’image »
Anne : « des nuages », »ça va se redéployer »
Antoine : « je vais rembobiner », « il faut que je hiérarchise, dans quel ordre » « je pourrais parler du lieu en ne parlant que de l’un de ces auteurs »
Anne : « les nuages en conversation, dans un plus grand ensemble »
A/H : « on est plutôt dans une analyse, pas dans la fiction, il n’y a pas de fictionnalisation, je pense pas que ça va être très expérimental dans la forme » – c’est ni une galerie de portaits, ni une analyse littéraire
A : « je sais pas ce que c’est une analyse littéraire » « Nicolas Fourgeaud me demandait de préciser chaque terme, mais j’ai l’idée qu’ils vont se définir par la présence » « j’ai un mal fou à développer, je redis les mêmes choses de façon différente, définir ce qu’est la présence, … »
Anne : « c’est pas « la présence pour les nuls » mais les différentes choses que tu associes à la présence » « c’est pas comme un miroir mais un réflecteur, pas quelque chose qui décrit mais qui réfléchit ? »
H : « en tout cas ça rend curieux » « après c’est des références très littéraires ou très cinématographiques » « comment ça s’inscrit dans le champ de l’art ? »
A : « je fais pas de différences entre cinéma et vidéo … » « mes références viennent du cinéma et de la littérature, de moins en moins dans les galeries » « je travaille pas avec les moyens du cinéma comme vous pouvez l’entendre » « j’ai pas envie de nommer cette relation entre cinéma et vidéo, elle me parait caduque »
H : « la dimension économique est pas du tout la même, déjà »
A : « mais depuis une vingtaine d’années, ça change » « Marguerite Duras, cinéaste, a beaucoup inspiré le monde de la vidéo contemporaine » « Cyrille Merrat, critique de cinéma, Genève, pourquoi c’est du cinéma et pas de la vidéo ? »
H : « même s’il y a des porosités, ça vient pas de la même histoire »
A : « mais ces histoires se rencontrent, je me place à ce moment là »
H : « est-ce qu’on parle des choses de la même manières avec les références de l’art ou celles du cinéma et de la littérature ? les questions de représentation ne se posent pas de la même manière »
Anaïs : « le lieu de monstration définit souvent la différence entre art vidéo et cinéma »
Freddy : « il y a les moyens aussi, entre cinéma et vidéo »
Antoine : « oui mais les cinéastes dont je parle n’ont pas les moyens du « cinéma », ils n’ont pas de scénario, de scripte »
Bruno : « les films d’horreurs tournés à l’iPhone »
A : « les films dont je parle sont très peu diffusés dans des salles »
Freddy : « ça demande des normes spécifiques »
H : « reproduction, copie.. »
Bruno : « en théorie, les moyens jouent sur ce qu’on veut dire, mais parfois en pratique, c’est un peu par défaut qu’il n’y a pas de moyens »
Anaïs : « je suis pas sûre d’être d’accord »
Anne : « je suis pas sûre que l’art vidéo se définisse par rapport au cinéma »
Antoine : « Collectif Point-Ligne-Plan, expo « la fabrique des films », ils ont essayé d’exposer leur façon de réaliser, sans scénario, des rushes, il y en a qui font des conférences avec extraits de films … c’est un régime qui se cherche encore, ni dans le cinéma, ni dans l’art contemporain » « ou dans les deux en même temps, possiblement » « le système du cinéma est tellement clos, pour le circuit classique »
Anne : « il y a des contextes où ça peut s’inscrire »
Antoine : « c’est diffusé en festivals, sur internet, dans des galeries … Apichatpong Weerasethakul, une façon de manger à plusieurs râteliers, Hotel Mekong, il avait une petite équipe, ça pourrait aussi bien être dans des galeries ou des musées »
Anne : « au cinéma, tu viens, tu restes jusqu’à la fin, les galeries, par défaut, c’est la pièce noire, tu rentres et tu sors »
H : « dans l’art vidéo, il y a un rapport à la matière très différent, dans le cinéma un rapport à l’écriture, sous différentes formes. Art vidéo : presque un rapport mcluhanesque, le médium c’est le message, rapport à la matière, réflexion sur le médium, son système de représentation, … »
A : « aussi dans le cinéma, mais en marge »
H : « alors que c’est ça qui fonde l’histoire de la vidéo », « le cinéma expérimental, c’est des gens qui viennent de l’art » « c’est pas les mêmes référents, malgré les porosités, c’est pas la même histoire, le cinéma me parait plus empreint de littérature, la vidéo, plus empreinte des arts plastiques »
Bruno : « mais il y a tellement de sous-genres, d’emprunts, de porosités »
H : « c’est un peu des catégorisations qui peuvent être débiles, c’est pas seulement comment toi tu définis mais aussi comment les autres te définissent, comme un cinéaste » « rien n’est fermé, c’est à toi »
A : « ni dans l’un ni dans l’autre » « Boris Lehmann »
Anaïs : « il est vraiment à la frontière, il questionne les deux en même temps »
H : « après, le Fresnoy ? »
A : « sûrement pas »
H : « ils se plaignent de nos étudiants, on est trop indisciplinés »
A : « ils invitent surtout des cinéastes » « A Genève, on a vu qu’il y a des espèces d’artistes invisibles … » « de toute façon, je serai ouvrier agricole »

Anaïs
« j’ai plein de pistes, je crois que j’essaie de définir un type de lieu, ni une hétérotopie ni un non-lieu, mais ça tient de ces deux choses là, ce serait plutôt un avant-lieu ou un après-lieu, par exemple l’immeuble en construction ou le temple grec abandonné, je crois que je veux définir le lieu dans un moment où il n’est plus investi par l’homme, je veux à la fois parler du lieu à investir, l’immeuble en construction, et du lieu abandonné.  »
Bruno : « c’est quoi l’hétérotopie ? »
Anaïs : « un espace concret qui héberge l’imaginaire, localiser physiquement une utopie, capacité du lieu à évoquer le passé … j’ai pas encore lu mais Foucault en parle. L’entre-collonades des temples grecs, projeter l’espace mental entre deux colonnes »
H : « tu sors ça d’où ? »
A : « le lieu physique vient héberger l’imaginaire, il y a un lien avec l’hétérotopie mais je dois creuser ça. à la fois l’entre-collonades et les fresques, utilisation de l’espace vide, de l’interstice. L’entre-collone n’est pas le seul lieu réceptacle, mais c’est celui qui m’intéresse. Cinéma de Jean-Daniel Pollet, L’Ordre, filmer un espace vide, les murs de l’hôpital portent l’histoire des lépreux. Marc Ogier a écrit sur le non-lieu, comme contraire du lieu anthropologique, le centre commercial, l’aéroport, lieux où l’individu passe sans s’investir personnellement. Moi j’ai pas cette approche sociologique. Quels espaces, dans quelles conditions un certain type de lieux vides peuvent servir de réceptacle à la pensée ? ou à la mémoire ? »
Bruno : « théâtre, retapé en parking à deux étages, c’est vraiment le contrepied »
A : « comment un artiste crée un espace de cette sorte, comment on se projette dans cet espace »
Bruno : « église désacralisée à Montpellier »
Anaïs : « Absalon, espace créé par la personne même, à son échelle, mais je sais pas si ça me fait partir dans une autre voie. JD Pollet, DidiHuberman, bibliothèque dans l’espace, recouvre de cendre puis enlève les livres, un « reste d’espace » qui porte encore la trace… film La Pierre Triste, moins poétique que Pollet, plus archéologique, site d’Eleusis qui appartient à la mythologie grecque, pas classé au patrimoine de l’unesco, les espaces récents et antiques cohabitent. Name dropping, désolée : ??? mettre en parallèle grammaire du langage et grammaire sociale, Bachelard : la poétique de l’espace, le lieu comme contenant du souvenir, Foucault, Marc Ogier … »
H/Antoine : « tu peux écouter aussi, c’est des conférences »
A : « Perec, Espèces d’espaces, mais j’ai pas envie de rentrer dans cette littéralité du rapport à l’espace, Joyce : Ulysse, une intuition, scène où il se décrit marchant sur la plage … c’est un petit peu compliqué. Sebald : Les anneaux de Saturne et Austerlitz, question du déracinement… Austerlitz : un homme passioné de gares, de non-lieux, description d’espaces très neutres et photographies, d’espaces toujours vides, à la fois narratif et réel … Je pense que je vais devoir aussi passer par la question du décor … les liens vont se faire … Borgès »
H : « Michel de Certeau, aussi »
Anne : « à rapprocher d’Henri Lefebvre, aussi »
A : « Duras et Pollet, je les rapproche, L’ordre et Hiroshima mon amour, (d’Alain Resnais, scénario Marguerite Duras) une manière de filmer les espaces … j’ai eu ce truc d’être boulimique de livres, mais sans dépasser les 30 premières pages »
Anne : « mais si un chapitre est ton outil, la lecture de la théorie est pas nécessairement linéaire. Je comprends qu’on ait envie d’engager des ouvrages, ils portent beaucoup de choses, mais comprendre une notion et l’articuler à d’autres, c’est plus important. Si tu as l’impression que tu picores, c’est pas grave. Rendre lisible la relation »
A : « je pressens où ça me mène, mais c’est pas encore écrit » « construire toute seule ce que je veux dire et après retourner dans les bouquins »
H : « je trouve ça pas mal, l’avant-après des lieux, entre la ruine et l’avant-habitation, dans tout un tas d’autres pays, les avant et après habitations sont aussi habités »
Freddy : « on fait les plans, mais on finit pas avant d’y habiter, on y vit et on continue, t’as fait des plans pour des choses pour lesquelles t’as pas les moyens, c’est un faux projet, petit-à-petit »
A : « c’est presque le contraire de ce que je veux dire, à Séoul, il y a des immenses immeubles, ville-fantôme qui ne sera jamais habitée, temples faits pour être habités par les âmes, construits pour mémoire et projection »
H : « il faut voir vers toutes les études socio, tu parles de la ville » « sur les grandes villes, mégalopoles du sud, Abdu Maliq Simone a écrit »

——————— pour HF / to be completed

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CARTOGRAPHIES

Hop, après échange avec Eléonore et pour illustrer le travail de Maylis (quel courage ! Recopier mon baratin ! Je me suis juste permis de corriger une petite inversion, bien naturelle. Et c’est quand même effrayant ce truc – someoneiswatchingyou, faudra en discuter non ?) voilà une première  cartographie amphigourique, qui articule des présences-références :  antoine-cartographie-memoire-avec-references

Puis une seconde découlant de celle-ci mais avec disparition des références au profit de « mots-concepts », allons-bon : antoine-cartographie-memoire-sans-references

Si il n’y a pas de pont entre deux cartouches, vous pouvez toujours les relier à la nage.

L’une ne va pas sans l’autre, mais elles ne se superposent pas non plus, il faudrait que je m’essaye à une synthèse des deux…

Et bien curieux de vos méandres à vous.

PS : serait-il pas judicieux de scinder ce long article en deux (au moins), chroniques LDS et chroniques Théorétiques ? Et de passer tout ça en mode privé ?!

A.

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