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CHRONIQUES MÉMOIRE – AGENDRE IDÉAL (POUR VOUS SERVIR)

Chronique d’Agendre idéal (pour vous servir)

Jeudi 29 novembre 2013

*********** SUIVI DE MÉMOIRE DE TOAD ***********

- balance la sauce

- par où tu veux commencer ?

- t’en as déjà parlé de ton mémoire ?

- non. Alors de manière synthétique je dirais que je m’intéresse au retour en arrière vers le passé et quelles sont les raisons de ce retour.

- de qui ? comment ? de quoi ?

- l’omniprésence du passé dans le présent 

- l’imprégnation de l’histoire ?

- C’est ça . Et j’essaie de comprendre pourquoi on en vient à se tourner vers le passé plutôt que vers le futur et j’essaie de dire que ces deux temporalités sont indissociables, le futur est par définition virtuel mais le passé le devient aussi par son mode de consultation, notamment par internet, même si le mot « archive » n’est peut être pas le bon mot. On a accès à un passé fragmenté, ça crée des ponts avec des idées parfois un peu étranges, avec Post-Fungi on s’est interrogés…

Liyebo arrive. On se demandait pourquoi il était en retard et on en a conclu des choses cochonnes.

- … Oui, on se demandait du fait de la consultation du passé par les nouveaux médias, notamment internet, est-ce que ça crée pas une parenthèse temporelle, la période consultée est d’après-guerre jusqu’à aujourd’hui

- internet : passé circonscrit dans le temps qui est le passé des gens qui utilisent internet, donc les années 90/2000 mais aussi peut-être plus loin avec les années 80, 70, 60, jusqu’où ça va ? Internet, c’est le résultat de réflexions ancrées dans les années 50-70, puis qui ont suivi, entre la cybernétique et les hippies

- Je vois très bien, oui

- … Et ces périodes sont extrêmement représentées par rapport à la situation sociotechnique qu’on a. Donc c’est l’idée que le passé n’est ni proportionnel ni linéaire et représente des entités géographiques (bien sûr ce n’est pas par le monde entier qui est représenté) situé géographiquement et chronologiquement, mais ce sont des points d’interrogation.

- ce serait cool de le préciser, il y a une beaucoup plus grande quantité d’informations dans les années 70,80 que la renaissance par exemple

- t’as recherché des trucs pour dire ça ?

- non mais ça se voit, par rapport à la mode, à la musique, au format de la musique, on s’intéresse beaucoup plus au modernisme en quantité qu’à la renaissance

- toutes les recherches sont en ligne, si t’as envie de chercher des choses pointues…

- … Je dis pas qu’on trouve pas, c’est en quantité

- c’est un média de masse

- … Et la masse ne se situe pas dans la renaissance, mais plutôt à partir des années 70

- c’est issu du capitalisme, donc dans l’accès rapide il faut bombarder pour consommer

- et du coup la culture pop est liée à internet, ça a pas avancé depuis les années 70, 90, on aurait pu faire d’autres trucs qui reviennent depuis avant le punk, le rock, le hip-hop, la techno

- tu pourrais lire un bouquin de jean-claude moineau – contre l’art global, désolée je suis en train de le lire, ça touche à l’indifférenciation qu’on fait de plus en plus entre art et culture et on est de moins en moins dans des processus artistiques, tout devient culture, et puis culture globale. Mais je l’ai juste commencé, tu peux peut-être le trouver dans une autre bibliothèque

- ça m’intéresse. Donc les deux temporalités passé/futur se ressemblent beaucoup dans leur virtualité, je parle pas mal de rétrofuturisme où le passé, le présent et le futur se mélangent, le passé du futur ou le futur du passé, en pratique c’est pas forcément si évident de le différencier. Passé du futur = futur obsolète, utopie, projection, dans le passé de différents types de futur, science-fiction, jacques tati, playtime, je l’ai revu là d’ailleurs et c’est vrai que c’est la caricature du vieux français perdu dans une chorégraphie urbaine, autant dans la vie que le travail, il comprend pas ce qu’il doit faire et on dirait que les gens autour non plus.

On se tourne vers le passé mais pour moi ça ne veut pas dire qu’on oublie la nostalgie, on se tourne vers un passé qui se tourne vers le futur donc indirectement on se tourne vers le futur, même si on lui tourne le dos, on vit dans un monde où la raison domine et les signes font illusion d’une connaissance absolue, le passé = dernier continent inconnu, tellement fragmenté que ça devient étrange, il n’y a plus de sources sur internet contrairement aux bibliothèques classées, où on peut consulter, admirer. Et la science-fiction atrophie l’imaginaire utopique, à mon avis, parce que la science-fiction plonge dans un futur proche ou lointain mais dans un univers apocalyptique souvent, il y a souvent des soucis, peut-être après que je regarde un style particulier de science-fiction, la technologie est mal utilisée, ça aurait pu être un rêve mais ça ne marche pas, j’aime bien l’idée de la voiture volante qui cale, en réalité ça ne nous fait plus vraiment rêver. J’avais vu une conférence sur arte de Cynthia Fleury, elle a tendance à dire que la voie qui mène vers l’imagination serait la voie du réel, et vu que le réel est en crise, le futur nourrit moins ces rêves. Le présent comme diraient entre autres Simon Reynolds, ou Nicolas Bourriaud, est dépossédé, noyé dans le flot de mises à jour, et on sait plus trop comment le prendre, il nous échappe. et j’en suis un peu là pour le moment, j’ai pas trop écrit, mais un peu quand même, je ne suis pas du tout mon plan en écrivant, et j’organise les idées au fur et à mesure que j’écris. Mon plan passe un peu à la trappe car j’ai l’impression qu’il est trop simple. Pour le moment je trouve que ça va, la cohérence.

- c’est en écrivant que tu te rends compte que les choses sont trop simplistes ou pas, là il faut que tu écrives pour clarifier les  choses, de te rendre compte que tel ou tel aspect est plus important et en même temps ce que tu écris va peut-être se retrouver sous une autre forme. Avec ce début de plan tu pourras redécouper ce que tu as écrit.

- oui, je vois que j’oublie des trucs et du coup je réécris. Et l’art dans tout ça j’ai pas encore trop écrit, il y a la pièce de Gilles Barbier que je vais vous montrer.

Désolé j’ai pas trouvé de photo de l »oeuvre sur le internet.

Il a été exposé au prix Marcel Duchamp à Strasbourg, il a posé des posts its sur un mixer qui sont correcteurs de réalité (genre pour synthétiser ceci n’est pas une pipe).

Il a aussi fait la porte spatiotemporelle avec un post-it « en panne », et c’est un peu de l’imaginaire en panne, imaginaire atrophié, j’ai aussi écrit un petit texte dans les vacances, qui parlait de Stargate, où à un moment on se retrouve en Égypte avec un tyran qui règne sur des esclaves, et si c’est ça le futur je comprends pourquoi on ne veut pas passer la porte. La science-fiction est un miroir du présent dans le sens où elle libère les angoisses pessimistes du présent dans tous les domaines. Ça parle d’écologie, de sexualité, de plein de thèmes qui sont ultra actuels, même si ils sont rétro futuristes. Blade Runner, ou Metropolis par exemple c’est toujours super actuel.

Bacillus Subtilis regarde Gilles Barbier, la méga maquette, au lieu d’un monolithe c’est un gruyère

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- Il a travaillé sur le gruyère, il fait des BDs à trous aussi. 

Et quand je parle de miroir il y a beaucoup d’artistes qui l’utilisent genre Guillaume Bilj, il y a l’archéologie du présent, aussi Pierre Huygue, le reenactment, le remake, tout ça…

Adrien Rojas, à la documenta (je sais pas trop ce que c’est encore, il y a pas beaucoup de textes).

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Ben Sandler aussi, avec des photos.

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- c’est un mec qui prend des photos proches de films, c’est ça ?

- non, il prend des photos de l’ordre de la sphère privée, qui se rapprochent de la série Tomorrowland (Mad Men) sur arte, avec les robots, dans une temporalité assez difficile d’identifier, avec par exemple le type qui a un attaché case, c’est assez étrange mais en même temps dérangeant, c’est ça qui est intéressant dans le rétrofutur, on identifie les signes émis assez bien mais en même temps on est ailleurs.

Bon je sais pas si je vais parler plus longtemps…

- si c’est bien de parler, mais ce serait cool d’avoir des points de vues des autres aussi

- c’est étrange Guillaume Bilj 

- oui il a un drôle de point de vue sur l’art

- montre nous peut-être ?

- par exemple il a fait une auto-école dans une galerie d’art mais c’était ni l’un ni l’autre, alors tout le monde était déçu, autant ceux qui cherchaient à obtenir un forfait que ceux qui venaient voir de l’art

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- c’est que des galeries sur le site ?

- oui

- je croyais que c’était un lavomatic

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- d’une certaine manière il y a aussi des correcteurs de réalité dans son oeuvre. mais le fait de voir des signaux, on reconnait une laverie, mais c’est autre chose, c’est aussi un monde parallèle, mais en fait non c’est pas un monde parallèle que je devrais dire…

- une capsule temporelle ?

- c’est une reconstitution !

- tu parles aussi de questions d’ordre muséographique, la period room

- il y a un diorama, quelque chose sur la reconstitution plus ou moins échelle 1 et c’est perturbant

- il y a quelque chose du vestige, Umberto Eco disait « la société de consommation à outrance ne produit pas des objets parfaits mais des gadgets qui se détériorent facilement (si vous voulez un bon couteau, achetez-le en Afrique car aux États-Unis, après la première utilisation il se casse) et la société technologique est sur la voie de devenir une société d’objets usés et inutilisables » – dans la guerre du faux. Il dit aussi déjà dans les années 70 (postmodernisme, mélange de style) qu’on a l’impression de rentrer dans un brouillard spatio-temporel où les époques se confondent, il a raison sur plein de choses.

- en même temps, dans un moment où on est dans l’obsolescence programmée, on est dans une poubelle, et le vintage recapitalise la poubelle…

- on peut le voir comme ça oui, on parle d’effet de mode, et on peut le déplacer l’effet de mode, c’est un terme qui marche, on va dans les fripes, et on voit vintage, on trouve ça trop cool

- on = qui ?

- par exemple en suède, j’y suis allé plusieurs fois, et les fripes sont un véritable phénomène de société, les magasins neufs cotoient les magasins second hand, l’emmaus a une charte graphique très travaillée, et je pense qu’on va là-dedans aussi en france, les brocantes, les vide-greniers, ça attire des foules, la brocante de la krutenau c’est impossible de circuler

- j’ai l’impression que ça a toujours existé…

- mais ça change de catégorie sociale 

- moi je suis partie il y a 13 ans aux usa, et dans les communautés hippies il y avait freebox, on donnait et on prenait ce qu’on voulait

- mais là c’est des communautés alternatives, des types qui préfèrent acheter des vynils…

- il y a le marché de la misère à belleville qui a duré pas mal d’années, c’était un phénomène où tout un tas de gens ne vont survivre que comme ça, et c’est une question économique. mon manteau je l’ai acheté 5$

- on est dans un geste alternatif ou altermondialiste, pour d’autres ils n’ont pas d’autres possiblilités, il y a une catégorie de gens qui ne vont pas acheter neuf même si ils ont les sous, il y a une fascination, ou instagram c’est le cas typique, photo de brocante…

- ce serait pas de la sensibilisation politique qui incite à regarder autrement ?

- ils ont pas l’impact carbone en tête, parce que c’est canon, c’est super simple les rouages

- exemple concret, est-ce que c’est une critique des bobos ?

- j’ai pas envie de faire un jugement de valeur, je suis pas pour ou contre.

- tu peux te positionnner sans émettre de jugement de valeur

- pour moi c’est pas vital de me positionner, je me positionnerai mais sans le vouloir, c’est comme Le monde, ils ne sont jamais neutres, j’ai pas envie d’écrire lemonde.fr non plus mais… 

- quand tu énonces que le vintage est à la mode, une fois j’étais à paris dans le marais, il y avait une espèce de brocante de hipster, toute la rue était bloquée, fascination, j’appellerais ça de l’arnachronisme

- même sur internet, leboncoin, ça marche super bien, les sites de ventes d’occase, priceminister… cashconverters c’est un peu différent ils font leur beurre

- j’ai déjà vu des films qui traitent sur ce sujet, les foyers qui offrent à manger aux sdf, il y en a qui sont à la mode parce que c’était chic, cool, bohème, je me souviens plus, je vais chercher pour toi

- je pense qu’il y a aussi avec 10-20 ans de retard, on suit le modèle américain, tout ce dont tu parles, les garage sale…

- mais en même temps Macklemore il vient de seattle, c’est aux états unis, et quand il fait son tube thrift shop, ça a un succès monstre, c’est sur toutes les sonneries de portable, et il fait l’apogée du second hand

Image de prévisualisation YouTube

- dictat du cool

- différentiation, quand tu te différencies par ce que tu achètes et ce que tu consommes, si t’es dans les collections limitées, dans le passé il y en a encore moins, c’est la rareté,  » oh, j’ai choisi les meilleurs objets », projection de soi qui est de recapitaliser la poubelle, se différencier et s’individualiser au maximum par ses choix de consommation

- j’ai envie de parler de néoanalogisme

- c’est joli, mais c’est néoanalogique pas néoanalogisme, mais ça pose des questions

- c’est plus ou moins volontaire. Pourquoi par exemple aujourd’hui on utilise l’argentique ?

Bacillus Subtilis montre les photos des druides coutumes animistes européennes de charles freger

- c’est du cosplay ?

- ça peut être intéressant de regarder son boulot, il a fait tout un travail sur la réappropriation des africains aujourd’hui des uniformes coloniaux, il y a aussi les sikh qui mélangent leurs costumes traditionnels avec l’uniforme colonial anglais, c’est pour ça que je te demandais tout à l’heure qui est « on »

- je parle du monde qui m’entoure, pas d’afrique ou d’asie que je connais pas, je parle aussi beaucoup d’imaginaire utopique des états-unis

- ce serait intéressant Liyebo d’avoir ton avis, avec la sape, l’afrique la fripe, j’imagine qu’il y a des cargos de fringues qui arrivent là-bas envoyés par les organismes, et j’ai jamais vu de distribution de vêtements à kinshasa, tout est revendu au marché ! C’est assez marrant, à strasbourg ces grosses bennes dans lesquelles tu fous tes vêtements pour être donnés, ça finit revendu.

- le mieux c’est de mettre ses habits par terre dans la rue si on veut qu’ils soient gratuits

- tu devrais élargir la science-fiction en regardant des choses comme l’afrofuturisme, initié par Sun-Ra, et qui s’est propagé avec les afroaméricains

- ça a à voir avec la blaxploitation ?

- oui aussi ! je vous montre un extrait !

Image de prévisualisation YouTube

george clooney apparait

- oh non pourquoi j’ai des pubs

- adblock pluuuuusssss !!!

- ok donc pour résumer Sun-Ra ça dit pour les afro-américains qu’il n’y a plus de place sur terre alors on vit sur d’autres planètes puisqu’on veut pas de nous ici, black to the future « consider time as officially ended »

- Il est accro à la lsd ?

- alors ça me met hors de moi ces allusions à la drogue dès que quelqu’un a un peu d’imagination

- on peut toucher à la lsd sans être accro en plus, c’est pas de l’héroine non plus

- c’était une blague !

on voit the heliocentric worlds of sun ra

The+Heliocentric+Worlds+of+Sun+Ra

- ce serait bien ceux qui parlent pas trop de participer un peu plus !

- j’ai pas trop compris ce que tu disais sur le phénomène de la politique

- t’as un peu loupé comme t’es arrivé plus tard, mais j’ai aucune envie de parler de politique

- non il faut arrêter là. Quelque soit ton point de vue, c’est politique.

- oui, d’accord. J’ai même pas le temps d’expliquer… La science-fiction est politique, même si elle ne veut pas l’être, c’est le miroir de l’actualité, l’écologie, la surpopulation et tout ça donc forcément voilà, c’est social, je préfère parler de social que de politique.

- ne pas penser politique en clivage droite/gauche

- c’est le politique plutôt, pas la politique, tes points de vue sont politiques, accepte le, c’est un peu fatigant

- mais faut arrêter, je fais pas un manifeste

- tu votes ?

- non

- pourquoi ? par paresse ?

- non

- par conviction ?

- non, je ne me sens pas concerné, raisons personnelles

- par non conviction ?

- euh Liyebo doit partir donc on reprend après ?

 

 

*********** SUIVI DE MÉMOIRE DE LIYEBO ***********

 

 

- pour mon mémoire je suis parti sur différents projets sur lesquels j’ai bossé depuis 3 ans, la semaine dernière j’ai fait une première séance de travail avec Bolet de Fechtner. l’axe de recherche du mémoire c’est la traversée du miroir

- tiens…

- quand je dis la traversée du miroir c’est une métaphore, je parle du voyage.

- t’en as déjà parlé en dessin, à pôle sud aussi

- oui alors je me suis posé la question de pourquoi je le fais, je le fais sans me rendre compte aussi, et du coup je suis parti sur la même question que je me posais avant dans mon travail, le voyage…

- c’est quoi les questions ?

- le même regard que j’ai de moi-même par rapport à deux lieux différents, et quand j’en ai discuté avec Bolet de Fechtner elle m’a donné des DVDs d’artistes qu’il faut que je voie

- t’es en cinquième année, c’est dans trois mois qu’il faut rendre le mémoire, t’as ta demi-page et ta cartographie ? Il faut pas être en speed sur le mémoire pour 3 mois et ne pas travailler sur son travail plastique, libérez vous de ce truc !

- la cartographie aussi ?

- ce serait bien oui !

- oui mais toi Truffe, il faut que tu partes avec un directeur de mémoire et quelques axes et c’est non négociable, la semaine prochaine on fait ton bilan et c’est un des éléments qu’il faut prendre en compte

les films en question :  consolatoon service de eija-liisa ahtila

images de la culture – jeff wall, rineke dijkstra, roni horn, wolfgang tillmans

- Bolet de Fechtner m’a conseillé de chercher la définition, différentes formes du miroir, comment on définit le miroir chez nous, par rapport à nos coutumes, rechercher d’abord ça

- mais es-tu ancré tant que ça dans la coutume ? Plus dans la mondialisation de la culture, non ? Il y a beaucoup de traces de la coutume à kinshasa mais chacune à des niveaux très différents, je connais des vieux à kinshasa qui ont des vraies connaissances des coutumes, de la valeur symbolique des objets. Surtout que le miroir a été apporté par des européens. En afrique c’est plutôt un rapport au reflet, dans l’eau qu’un rapport ancestral coutumier au miroir, quand est-ce que c’est arrivé en afrique le miroir d’ailleurs ?

- je connais pas trop, mais les petites choses que je savais par rapport à ça c’est qu’on nous disait toujours de ne pas mettre un miroir en face de là où tu dors dans la chambre parce que si tu le mets en face de toi, des fantômes peuvent apparaître dedans.

- il y a beaucoup de prostituées dans les boites qui ne se regardent pas dans le miroir pour ne pas se faire ensorceler, aussi

- dans la littérature fantastique il y a beaucoup d’allusions au miroir. Aussi chez freud – l’inquiétante étrangeté…

- (qui vient d’un seul et même terme allemand : unheimlich)

- si je pouvais le lire en allemand je le ferais ! il parle beaucoup de la même image que toi mais inversée, religieux mystique, le truc du diable inversé. Dans la littérature fantastique on a Edgar Allan Poe, le Horla de Maupassant, un peu Lewis Caroll mais pas tant. Freud a plutôt l’entrée de la psychanalyse alors c’est un peu c’est pour ça que ça fait peur, ça rappelle telle ou telle chose… c’est un peu approximatif, c’est intéressant mais il faut se rappeler que c’est de la psychanalyse d’une certaine période aussi.

- j’avais déjà commencé un peu à écrire de gauche à droite, mais du coup je sais pas, je m’interroge sur la forme à donner à l’écriture, une démarche à suivre. j’ai été voir à la bibliothèque et tellement de choses sont écrites différemment

- tu devrais être en train de l’écrire, là, ton mémoire.

- mais c’est pour mettre en ordre déjà !

- est-ce que tu peux nous envoyer cette semaine une demi-page, une cartographie, et un plan, pour dans 10 jours. ça devrait déjà être fait depuis l’année dernière. En plus avec le fait d’être entre deux langues, deux cultures, ça ramène une complexité et je ne comprends pas pourquoi t’es si en retard. Donc là il faut se remuer pour qu’on puisse t’accompagner et te donner des trucs. ça permet aux autres, je connais le concept dont Lentin de Schaeffer parle, c’est une piste pas inintéressante.

- il y a une autre psychanalyste israélienne, Yolando Gampel (Mike Davis, Dead cities) qui parle d’interminable étrangeté en le mettant à jour depuis l’holocauste, la frontière entre la fantaisie et la réalité est effacée, plus traumatique, traumas collectifs.

- j’ai vu un film là-dessus sur arte, c’est un mec israélien issu d’une famille juive, et il essaie de retrouver le lien avec son grand-père avec une famille allemande. il voit en zoom la frontière avec l’ennemi, et il arrive pas à voir la frontière. les ennemis en dehors de la guerre peuvent être mes amis, il est allé à la guerre en angola, et ils ont fait un voyage ensemble, historiquement ennemis, et ils se sont parlés des crimes qu’ils se sont fait les uns aux autres, de torture, des rêves qu’ils ont fait, ils sont hantés par la guerre et décident qui est nous, qui est l’autre, et l’autre c’est pas le camp ennemi, c’est la stratégie, l’étrangeté, pourquoi ne pas savoir le point de vue historique sur ce qui s’est passé, une fois que la guerre est finie.

- je suis désolée je dois t’arrêter pour faire une conclusion car Liyebo il part. Dans 15 jours tu viens, et on parle vraiment, Bolet de Fechtner va suivre ton mémoire et c’est bien d’avoir un regard extérieur mais moi ayant la double culture je peux te donner une piste. Il y a une chose potentiellement intéressante, mais je sais pas, c’est l’histoire de l’obsession de se photographier sous tous les angles sur facebook, très présente chez les congolais, où on met tout, on photographie pas sa famille, ses amis, alors que nous on voudrait choisir en occident plutôt des photos emblématiques, pas cette prolifération, sous tous les angles, et toi tu le pratiques beaucoup aussi. par rapport à mikili, les réseaux sociaux, le miroir, il y a une articulation à trouver qui peut être intéressante, les réseaux sociaux c’est une image que tu projettes.

- je peux essayer de faire une première recherche car il y a déjà des boulots de sociologues sur les réseaux sociaux en tant que miroir.

Liyebo part

- bisouuuus bisouuuus muah muah muah merci pour le froid ! (car il a ouvert la porte)

Toad revient 

 

 

*********** SUITE DU SUIVI DE MÉMOIRE DE TOAD ***********

 

 

- pile au moment où Liyebo s’en vaaaa !

Bacillus Subtilis est survoltée

- il faut que je me calme, moi

- Oui je reviens, alors, j’ai remarqué qu’il y avait des réac…

- des réactions ou des réactionnaires ?

- non c’est une blague !

- la question si tu votes, t’es pas obligé de me répondre, mais voter ou pas voter c’est un acte politique.

- c’est pas voir la culture partout ?

- mais non mais voter c’est citoyen, ça me sidère de voir que la politique ne concerne pas les gens autour de moi

- vous n’obtiendrez rien de moi

- tu fuis ce qu’on essaie de te dire !

- c’est vrai

- la fuite c’est de la politique ! la politique de la fuite !

- moi ça me fait bizarre que des gens acceptent de se faire diriger par d’autres

- moi j’exprimerai des choses à travers ce que je cite, mais pas moi directement

- le sujet que t’as choisi est totalement politique, la manière dont tu vas en parler, ce que tu vas en dire, touche au politique, que tu le veuilles ou non, tu n’y échapperas pas, ne sois pas naïf, que tu votes ou que tu votes pas

- qu’on ne me demande pas ma position !

- mais tu la donnes, ta position !

- la façon dont tu articules et appréhende cette réalité donne ta position

- moi je vois une tendance à pas vouloir parler de politique, c’est bizarre, tu dis comment ça se fait que les friperies soient devenues une mode, des gens qui ne sont pas dans la nécessité, la bourgeoisie…

- non non pas la bourgeoisie, la classe moyenne

- les classes, c’est politique.

- mais embrasse le politique, pas la politique, je suis d’accord quand tu analyses le jeune bobo-hipster, la valorisation du passé, ce sont des signes, c’est intéressant de voir les objets réagencés , redésirés par les hipsters (sic) qui ont des périodes précises, instagram aussi par rapport à Liyebo, c’est comment tu te reflètes sur un réseau social, au congo tu te prends sous toutes les coutures, mais l’équivalent pourrait être « je suis à la brocante et snapsnapsnapsnap », la collecte de l’objet est la collecte de soi

- mais instagram peut photographier aussi des meubles ikea.

- ikea hacker rend ikea plus cool

- quelle perte de temps !

- non mais tu dis ça parce que toi tu sais faire un meuble, tu sais travailler le bois, pas tout le monde !

- mais c’est vachement dur de travailler un meuble comme ça, je trouve ça drôle

- oui c’est du carton

- c’est s’indexualiser et se différencier dans une culture de masse, mon hoodie a l’air vintage avec le logo de l’école de ski de chaipas quel bled au fin fond des pyrénées

- recycler parce qu’on est pas obligé de jeter, ikea c’est fait pour être jeté, c’est du bois tout pourri

- ikea hacker c’est acheter des trucs pour réparer d’autres choses

- c’est paradoxal parce que beaucoup de meubles sur leboncoin viennent d’ikea

- moi je me dis que je vais peut-être pas prendre un mac par rapport à l’obsolescence programmée, ça sert à quoi de prendre une machine si chère ?

- si tu demandes aux écoles tu peux récupérer un vieil ordi et tu peux trouver quelqu’un qui peut t’aider à construire une machine

- mais tu vas nous envoyer des trucs un peu ?

- euh j’envoie des trucs à Post-Fungi déjà.

il montre des photos de Tomorrowland

Ben-Sandler3

- futur du passé, on est dans le futur mais on connait tous les codes. c’est dur d’extraire des bouts de la série. C’est mieux de la voir en entier.

- c’est probable, c’est pas si loin, on peut y croire et se projeter

- tu connais tout alors ça peut être quelque chose de tangible, où se situe la critique dans le politique, c’est ambigü aussi

- quand tu lis le texte ça a du rapport avec le féminisme

- oui il y a le mec avec la bagnole et la meuf à la maison, c’est un intérieur comme aujourd’hui, mais avec des humanoïdes, c’est pas forcément star wars

- et dans les écrits aussi, on peut presque revenir sur l’interminable étrangeté

Ben Sandler, photos de mode

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- c’est super esthétisant quand même

- je parle que de la série tomorrowland, c’est difficile de situer dans l’ensemble de son travail

- il fait peut-être des trucs de mode

- oui pour bosser aussi peut-être qu’il s’éloigne de son travail

- et instagram ?

- comment dire, c’est une simulation analogique d’un système numérique

- c’est pas l’inverse ?

- si pardon. 

- dès que t’acceptes de l’utiliser apparemment ça ne t’appartient plus les photos

- mais est-ce qu’ils ont changé d’avis sous la pression ? je sais plus. Mais tes photos sur facebook elles appartiennent à facebook, sur flickr aussi.

- à partir du moment où tu mets des trucs sur internet on s’en branle…

- oulàlalala j’ai pas dit ça, c’est complètement différent de dire wtflicence que de dire oh je m’en fiche qu’instagram prenne mes images. même si au final ça peut vouloir dire la même chose, pas du tout ! peut-être qu’on peut passer à la suite ?

- oui, on l’a assez emmerdé comme ça

- non c’était intéressant !

- il a pas l’air trop traumatisé, regarde le !

- c’est un peu nébuleux

- est-ce que c’est complètement clair pour toi ?

- oui !

- on comprend d’où tu pars mais on sait pas où tu vas

- mais c’est un peu la surprise aussi quand j’écris, parce que si je savais tout à l’avance…

- dans cette histoire de rétro, est-ce que tu lis aussi des choses scientifiques sur la nature du temps et de l’espace ou pas du tout ?

- euh, non pas véritablement, sur la technologie, oui

- entre science et philosophie, physique quantique

- philosophie oui. je parle pas de science physique mais de l’impact des images

- mon avis c’est que l’idéologie logicomathématique occidentale emprunte des sciences du siècle dernier et c’est ce qui porte tout le développement de ces technologies. Peut-être que je raconte n’importe quoi mais j’ai l’impression que derrière le siècle des Lumières on passe dans autre chose. C’est le tremplin

- je dirais plutôt le XXème, parce que si on part des Lumières, à ce moment là on part de pythagore, je suis d’accord sur le fait que le développement de la technologie est porté par ces idéologies mais ça me semble un peu loin

- t’es trop cyber 70, toi.

- pour moi c’est des questions d’échelles et quelles sont celles qui sont capturées dans le mémoire. tu as raison, ça fait une pyramide, c’est de l’ordre de la représentation et pas des idées, et d’après ce que je comprends Toad n’est pas sur ces questions là. 

- mais j’ai juste posé une question, ne me faites pas dire quelque chose que j’ai pas dit, je demandais juste si tu l’évoquais et si ça avait un sens. 

- tu connais Didi-Huberman ? Il y a des fantômes dans des images. J’ai essayé de le lire et ça rejoint des idées que t’as envie de comprendre vite mais c’est un peu long. (il parle de la Renaissance…)

- j’ai l’impression que c’est LA référence aux arts décos, je trouve ça très cocasse.

- c’est parce qu’il est venu plusieurs fois à l’école, c’est un très grand musicien, il est proche de Jean During le sociologue qui est venu au colloque transe…

- c’est intéressant comment il parle de l’histoire de l’art comme une suite logique, et aussi de l’histoire en général (Aby Warbung)

- il vous reste 35 min si vous voulez passez à quelqu’un d’autre

- oui, Fungi Pau

 

 

*********** SUIVI DE MÉMOIRE DE FUNGI PAU ***********

 

Fungi Pau nous montre sa cartobiographie

- je sais pas si vous arrivez à lire, c’est une cartographie sur moi, c’est une cartobiographie, j’ai pris tous les moments clés qui peuvent me servir pour le mémoire, je parle de travaux que j’ai fait. 2009-2010 c’est une vidéo qui s’appelle le mariage où j’essayais de répéter tout ce que j’entendais à la télé, la cartobiographie est pas tout à fait finie je vais rajouter des choses. à ce moment là je parlais de langues. faible, moyen, bien, faible, ça parle de l’évolution de mon français, j’ai la sensation qu’aujourd’hui je parle moins bien qu’il y a deux ans. comme mots clés je mets influence extérieure, etc… la communication c’est un concept qui n’était pas clair pour tout le monde, après dans la performance de La Ribot qui a eu lieu en 2011 à l’école j’ai pris le même concept et j’ajoute la littéralité, le paradoxe, aberration, culture/coutume, peur atavique (peurs qui sont dans la mémoire collective, on ne sait pas si c’est vrai ou pas mais tout le monde les connait, ce sont des peurs culturelles, répandues dans toute une société)

définition d’atavique

A.− BIOL. Qui se transmet par atavisme. Synon. héréditaire :

1. Les faux stigmates sont donc des vestiges d’un état antérieur; ce sont, comme l’on dit des caractères ataviques. H. Coupin, Animaux de nos pays,1909, p. 305.

B.− P. ext., cour.

1. Lié à la transmission des caractères héréditaires ou qui en résulte :

2. Je ne veux pas évoluer plus loin que l’homme. Mon être a trop, déjà, de l’effort atavique; j’ai fait tant de chemin à travers mes ancêtres, depuis le carrefour lointain où la matière a rencontré la vie, … Romains, La Vie unanime,1908, p. 201.

3. … dans une interview donnée il y a quelques années, la propre nièce du poète confirmait au journaliste, remarquant en elle ce détail, qu’elle l’avait hérité de famille et que son oncle déjà avouait ce trait atavique. Huyghe, Dialogue avec le visible,1955, p. 369.

4. 1871 : étude du criminel calabrais Villela, qui lui apporte, en une sorte d’illumination, l’idée du criminel atavique; … A. David, La Cybernétique et l’humain,1965, p. 113.

Rem. Atavique ne qualifie que rarement un animé (cf. ex. 4).

2. Dû à des habitudes ancestrales :

5. Cette peur atavique est souvent sincère : … De Vogüé, Les Morts qui parlent,1899, p. 206.

6. Quand c’est dans un Charlus, qu’il soit d’ailleurs noble ou bourgeois, qu’agit un tel sentiment de politesse instinctive et atavique envers des inconnus, c’est toujours l’âme d’une parente du sexe féminin, (…), qui se charge de l’introduire dans un salon nouveau… Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 906.

SYNT. Amour, courant, grâce, grandeur atavique; haine, instinct, respect, sagesse atavique; croyances, désirs, expériences, signes, souvenirs ataviques.

Emploi subst., néol. Un atavique. Représentant-type :

7. Le symbole de cet état d’âme est l’épée, l’outil de bataille, quand vous la prenez par la poignée. Au repos et plantée dans le sol, c’est la croix. De tels individus sont-ils de purs ataviques, comme le prétendait Ortègue? P. Bourget, Le Sens de la mort,1915, p. 200.

 

- genre les espagnols sont poilus 

- ou les espagnols sont machos ? on dit qu’ils sont très cathos alors que dans la culture il y avait des musulmans, franco a tout renié

- dans les concepts j’ai aussi mis objectivité subjectivité, version originale espagnole, il y avait des aberrations qui apparaissaient avec le doublage

- sur la question de la différence culturelle, du semblable, tu lis des choses un peu ?

- l’origine de langue de Rousseau je regarde pas mal, il y a un auteur qui a regroupé des choses sur les protocoles, façon d’être des français, ça parlait de la politesse

- t’arrêtes pas de parler de différence culturelle, est-ce que tu lis des choses dans la sociologie, l’anthropologie, l’ethnologie, avec une espèce d’épaisseur, j’ai l’impression que t’utilises des termes mais que tu les utilises tellement que t’oublies de les analyser, les mettre en perspective

- je comprends pas de quoi parle le mémoire en fait, pour moi la cartographie je n’arrive pas encore à l’articuler, tous ces mots sont très riches, certains tu les habites et d’autres moins, qu’est-ce qu’ils font là ?

- j’aurais peut-être du commencer avec le texte ? je pense que je vais approfondir

- arrête, ça fait trois ans que tu nous dis ça, dis nous là maintenant ce qui t’habites, avec ta parole à toi.

- je disais approfondir juste ça !

- dis nous ce que tu es et ce que tu penses aujourd’hui

- je regarde la psychologie comportementale et sociale, après je peux vous filer la biographie, sur le concept

- c’est du lourd

- Girolle utilise beaucoup c’est du lourd aussi comme expression !

- c’est pour ça qu’on se fait traiter de secte à hors format, on se contamine, bon euh on a tendance à la disgression là

- ce que j’ai fait avant ça m’a mené à ça, tout ça société culture, tradition, je les rassemble, c’est mon organisation à moi

- donc le mémoire.

- oui je fais ça pour m’aider pour le mémoire après, je m’intéresse à une chose peut-être pas très claire pour moi mais j’aime bien ce que je trouve, j’ai fait un texte et je préfère que vous le lisiez.

 

« Nature-nurture », nativisme psychologique, est une posture qui soutient que certaines habilités sont ‘natives’ ou elles se trouvent fixées sur le cerveau depuis le moment de la naissance d’une personne. Cela veut dire que l’homme possède des caractéristiques innées, toute personne possède des instincts ou des impulsions, en commun avec ses congénères, depuis la naissance. Est-ce que cela veut dire que nous ne possédons pas de volonté propre? et que (bien que nous ayons tendance à penser que personne ne nous comprend ou que notre point de vue est unique), à la fin expérimenterons-nous (tous) toujours les mêmes sentiments dans les mêmes situations?, on ressent les mêmes choses?, on va tous se poser les mêmes questions?, on va avoir les mêmes idées? on va arriver aux mêmes conclusions? et les désaccords et les conflits? sont-ils juste des accidents? des propos mal exprimés? des malentendus?…

« Je suis une drogue » Dali a dit une fois; entre toutes les interprétations ou traductions que nous pourrions faire de cette phrase, je retiens le fait que l’on peut considèrer la drogue ou le fait de se droguer comme un acte social; je pense que de nos jours notre comportement à l’égard des drogues est différent selon la culture, nous pouvons comprendre une infinité d’aspects d’une culture quand nous observons sa relation avec les drogues. 

Également (et je parle depuis ma propre expérience et de façon extrêmement subjective) je crois qu’un parallélisme existe entre  ce que certains définissent comme ouvrir son esprit, dans le contexte de la drogue;  avec cette sensation, cette impression de sortir de l’ombre, ce « déclic » qui se produit quand enfin tu comprends, quand tu réalises des connections qu’auparavant tu ne considérais pas comme des certitudes et qui se convertissent tout-à-coup en partie de ta forme de penser, comme ouvrir une porte… Une évidence. Comment ais-je pu tarder autant   à le voir?… C’est personellement ce que j’ai expérimenté : d’abord avec l’art, en comprenant peu à peu… plus tard, avec les drogues, il existe un avant et un après, quelque chose change pour toujours… si c’est quelque chose d’individuel ou si c’est le commencement d’une pensée commune, je ne sais pas … de là les communes ?, le regroupement?, la non-volonté?, le fait de se laisser aller… Et finalement, le fait de parler plusieurs langues, comme si quelque chose s’éveillait dans mon esprit continuellement … ah ah! ça y est!………mais bien sûr!… c’est ça en fait! …………dévoiler… une ouverture?….. nouvelles perspectives?……  multitude de possibilités…

Définition de nurture dans reverso :

nurture  

      vt  

   (=encourage)   

  [+person]  former  

→ We need to nurture the great players and let them flourish.        

  [+talent]   encourager  

→ Few traditional television companies are willing to nurture new talent.        

     [+hopes, ambition]  nourrir  

→ I still nurtured vague hopes of getting back into the England team.        

→ They had nurtured high hopes for their eldest daughter.        

  [+dream]  caresser  

→ the dream he had nurtured since he was a 15-year-old was of beating one of the golfing greats like Nick Faldo        

He nurtured an ambition to become a diplomat.      Il nourrissait l’ambition de devenir diplomate.

He nurtured a dream of becoming a world-famous conductor.      Il caressait le rêve de devenir un chef d’orchestre mondialement célèbre.

They nurture a dream of a fairer society.      Ils rêvent d’une société plus juste.  

   (=raise)   

  [+child]  élever  

→ Parents want to know the best way to nurture and raise their children to adulthood.        

  [+plant]  faire pousser  

→ It isn’t the best environment for nurturing plants.

 

donc il y a une histoire de durée.

 

- (en lisant le texte) pas mal

- ok mais euh qu’est-ce qui se passe dans ce mémoire ! je ne sais pas comment tu vas développer ça parce que le « déclic » ne s’est pas encore produit dans mon esprit

- la cartographie c’est un peu une biographie de parcours, c’est pas ce qu’on avait demandé mais c’est pas grave, peut-être que Fungi Pau a besoin de passer par là

je pense que dans le premier paragraphe, ce que tu questionnes c’est le libre arbitre et pas nature/nurture, mais je ne connais pas cette expression de nativitisme psychologique, même si tu parles de la citation de Dali, on dirait cela dit que tu le cites parce que c’est un artiste et qu’il faut des références, bref, si tu arrives à questionner la question du libre arbitre et de l’état modifié de conscience c’est assez complexe, c’est souvent lié au contexte, et parler de drogue c’est une sorte de formatage social, selon les sociétés, les peuples, les moments de l’histoire, qu’est-ce qui est plus drogue entre somnifères, herbe, et cigarettes

- trois trucs massifs dans les usages…

- je pense que tu touches à l’état modifié de conscience mais t’es sacrément en retard

- c’est assez raccourci quand même de dire que la seule manière de se trouver c’est prendre de la drogue…

- oulà

- c’est comme je l’ai compris

- quand tu dis drogues tu parles de quoi, psychédéliques, opiacés ?

- je parle de tout, dans le journal, j’avais mis cannabis, alcool, café, médicaments,

- manque de sommel ?

- non je le mets pas dans le même sac

- mais là je crois pas que tu parles de café, hein

- le voyage par exemple ?

- à moins que tu fasses des expériences psychédéliques avec de la datura, etc ***noms de DROGUE HHHH***

- j’ai beaucoup de vidéos filmées de gens et de moi sous drogues

- quelles drogues ?

- champignons, psylo 

- du cidre ?!

- non non psylo(équatoriens, hawaïens), lsd, cannabis. 

et donc je pense que je parle du libre arbitre dans le sens qu’on pense avoir une certaine liberté mais en réalité on a tous des choses en commun, on est tous connectés. je suis super consciente de ça et j’espère que ça fait pas trop petit travail de lycée où on doit citer un auteur.

- tu as des références ?

- j’ai des petits bouts de choses, c’est en espagnol encore, mais je pense que ce soir je vais tout envoyer, je voulais avoir une quantité. C’est comme voir la cartobiographie sans le texte ou le texte sans la cartobiographie, Morille a l’air interessé

- Joachim s’est bien intéressé sur le libre arbitre et sur ces questions, il doit y avoir des trucs intéressants dans ses références. par contre je comprends pas trop comment tu articules le libre arbitre et les états modifiés de conscience ?

- est-ce que tu perds pas du libre arbitre en étant sous dépendance ?

- c’est comme on a toujours pensé que l’homme était le centre du monde, que la terre c’est le centre de l’univers, on a toujours pensé de façon très individualiste, beaucoup de fois ça a été réfuté

- wow, on balance tout par la fenêtre, je trouve ça, wouh, j’expérimente pas assez sur les états modifiés de conscience et c’est une de mes limites mais à mon avis c’est un peu plus subtil, essaie de saisir ce que toi tu mets en jeu mais aussi ce qui a été mis en jeu par des artistes, des chercheurs, dans différentes disciplines, c’est quand même un mémoire…

- c’est trop simple comme sujet ?

- non mais comment tu l’inscris dans le champ artistique ?

- vous allez voir que dans le travail que je fais aujourd’hui je veux savoir si ça existe vraiment, si on a du libre arbitre.

- moi je veux bien l’entendre si c’est étayé, le libre arbitre zigouillé en 30 secondes ça m’intéresse pas, mais en 30 pages…

- je fais de l’enquête pour savoir si c’est vrai

- mais c’est quoi les conditions de cette enquête ?

- par exemple, est-ce qu’en europe il existe plus de libre arbitre qu’ailleurs, est-ce qu’on peut séparer le nativisme dans des cultures différentes ?

 

Nativisme

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- sans les outils scientifiques tu vas y arriver ?

- dans mes vieux cours de philo il y avait comparaison entre Sartre et Bergson, Bergson pense que les êtres humains auraient le niveau de conscience le plus développé par rapport aux animaux et aux plantes, Sartre au contraire dit que tout est construction culturelle et qu’il n’y a rien d’inné, bon là c’est un peu rapide

- des jumeaux n’ont pas été élevés ensemble, mais parfois ils ont des similarités

- oui je vais parler de ma soeur jumelle ! je trouve que c’est tellement exploitable !

- c’est qui la dominante ? si il y en a une

- ça fluctue

- tu la sens vraiment cette dominance ?

- pas trop parce qu’on avait chacune notre petit monde, je sais pas, j’ai une théorie sur les jumeaux

- moi aussi j’ai une théorie

- toujours dans mon lycée il y avait plein de jumeaux.

- Francisco aussi il y a des histoires de jumeaux dans sa famille

- sos jumeaux à hors format !!!

- moi aussi j’en ai une

- déjà trois je trouve que c’est pas mal !

- on aurait du faire jumeaux pour la fête de noël

- on a portrait de famille !

- bon euh aujourd’hui je suis un peu le benêt de l’histoire mais j’aimerais savoir comment tu traites ce sujet par rapport à l’art, l’inné et le libre arbitre, l’articulation pour moi est pas très lisible et pour les mémoires en 5eme année ça doit être lisible, soit j’ai un problème de compréhension, mais je saisis pas.

- qu’est-ce qu’on fait pour que ce soit saisissable ?

- il faut que je l’applique plus à l’art ?

- peut-être que tu dois juste clarifier ton point de vue, en donnant des espèces de grands axes ?

- on peut parler des états modifiés de conscience assez longuement, du destin, du déterminisme, de l’inné et de l’acquis, il y a évidemment plein de choses à dire là-dessus, ce qu’il faut que tu formules bien c’est l’articulation entre deux choses, je sais pas si l’autonomie entre l’inné, l’acquis, la dépendance aux drogues, c’est quelque chose que tu cherches et du coup il faut que tu réussisses à inscrire ça dans le champ de l’art, mais il est vaste le champ de l’art. tu parlais pas de droit à la paresse ou un truc comme ça ?

- le droit au laisser aller, à la non volonté.

- j’ai pas la référence en tête mais l’art et la paresse, le droit à la non productivité ça a été abordé par des artistes, je ne sais pas si ça peut être une piste, mais chez Filliou, Jouannais, Allan Kaprow, l’art et la vie…. ce sont des choses dont on parle assez régulièrement en hors format, vous êtes dans des pratiques dedans et dehors, on questionne pas mal la fonction de l’artiste alors c’est un peu chiant que tu débarques au mois de décembre et c’est là où tu es incohérente, il y a plein de choses qui t’intéressent et qui te passionnent et tu ne fais rien pour le nourrir. Le psychédélisme ça peut être intéressant si tu prends du recul, une distance qui te permet de faire de ces états modifiés de conscience une expérience de vie, d’activité artistique…

- je suis trop dans la récolte de matière mais je l’applique pas encore

- c’est ce que je te disais la dernière fois, et du coup le truc que t’as fait en bas, je trouvais qu’il y avait des choses assez fortes, c’est bizarre parce que tu parles beaucoup de liberté mais t’en as pas tant que ça, et je t’en parle pas délicatement, subtilement ou sensiblement mais j’ai l’impression que t’as une idée du scolaire et qu’il faut que tu colles à ton idée de nos attentes, mais je pense que cette idée est fausse, la seule chose qu’on attend c’est que tu prennes à plein corps ce que tu es toi et que t’arrives à le transmettre et à être dedans, j’adore l’expression être en soi, et justement on dirait parfois que t’es à l’extérieur de toi même. Peut-être que c’est parce que tu prends trop de psychédéliques d’ailleurs ?

- oui il faut plus que je fasse pour les autres il faut que je fasse pour moi.

- dans l’acte artistique il y a un partage, mais pas forcément avec un public, c’est à toi de définir ton adresse, ici il y a beaucoup de gens qui adorent parler des spectateurs, qui veulent des spectateurs, mais l’artiste n’a pas forcément de spectateurs, on peut partager sans donner de rôle prédéfini

- l’art peut exister sans que personne ne regarde. j’ai beaucoup parlé l’année dernière de la peur à parler, j’avais développé une espèce d’insécurité en moi-même, tout à coup quand je parlais en public je commençais à trembler

- je pense que c’est le cas de tous les artistes, même si c’est chiant de le dire comme ça, c’est pas forcément visible, la relation entre l’autobiographique, l’intime, c’est pas forcément visible mais on est toujours emprunt de ce qu’on est

 

*********** FINI ***********



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