Je suis partie des images qui m’ont frappées lors de nos discussions et visionnages de films.Notemment l’histoire des mains coupées (objet de trafic marchand rendant compte du nombre de morts).
Les génocides et massacres partout dans le monde sont souvent marqués par des pratiques symboliques particulières, qui détruisent et mettent en pièces les corps humains en faisant passer un message. Au Rwanda les soldats (Hutus) ouvraient les ventres des femmes et remettaient leurs enfants à l’intérieur. Les juifs étaient emmener dans des trains à bestiaux et exterminés dans des douches.
Ces images ultra-violentes restent longtemps dans la mémoire collective.
Au Congo les mains coupées ont même fait l’objet de pâtisseries belges en chocolat !
Une association nommée "génocide made in France" s’étant infiltrée en 2008 dans une vente aux enchères des objets de F. Mitterand, a ironiquement proposer à la vente de faux ossements et machettes comme symboles du génocide rwandais pour dénoncer l’implication de la France dans ce massacre.
Ma première idée serait une installation de mains (moulages) suspendues à un arbre (ou autre mise en scène de ces mains).
Ce serait un sorte de monument aux morts, d’hommage, de mémorial.
Par ailleurs, nous avons évoqué les "objets souvenirs" comme les affaires de Lumumba ou même celles de Mobutu, qui seraient conservées et exposées dans des vitrines (cages en verre) éclairées -installations traditionnelles d’objets de valeurs des musées. Cette image de mise en exergue de symboles m’intéressait pour son côté didactique. Une forme d’illustration de l’histoire qui à la fois donne au visuel une préciosité, une distance, et à la fois témoigne et retrace les faits par un objet présent qui rend ces faits concrets.
De même que les camps de concentration encore ouverts, à visiter, sont là pour témoigner, rendre compte, d’une histoire dont les récits et l’atrocité dépassent l’entendement.
Ma seconde idée est de créer de mini-vitrines dans des boîtiers vides, transparents, de cassettes audio, éclairés par des diodes, contenant des images ou des objets miniatures retraçant l’histoire de la colonisation. De même, ces mini- vitrines pourraient être installées dans des arbres, symbole d’encrage, de racines, de sagesse, de lieux de recueillement et de transmission.
Ces deux propositions "monuments", mausolées, sont portables, exportables, et je souhaiterai qu’ils puissent être présentés dans différents lieux, villes , pays, afin que cette histoire mal connue soit exportée, entendue et visible.
Sur des places publiques, symboliques, un arbre.
Apparemment Assia a un projet très similaire sur les mains, ce qui est une bonne nouvelle car nous pourrions travailler et y réfléchir ensemble. Mon adresse mail : janelza@hotmail.fr