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Journal de travail – Résidence Strasbourg 2013 / Jc Lanquetin

Play>Urban Strasbourg

Première semaine.

Esplanade. Une visite par groupes avec ‘La ville est un théâtre’ (Véronique Ejnès et Florence Rudolf). La visite est précédée d’une présentation des projets réalisés par La ville est un théâtre. Suite à la visite, nous nous donnons deux heures pour une marche en solitaire dans le quartier, avec comme protocole d’inventer une fiction (photo, vidéo, texte, performée, etc.).

Les récits sont présentés ici :

http://esad-stg.net/playurban/category/actions-urbaines-2/strasbourg-2013/story-esplanade/

Hautepierre. Visite avec l’équipe d’Horizome (Barbara Morovich et Grégoire Zabé). Là aussi cette visite fait suite à une présentation du travail de l’association Horizome sur le quartier, et de la résidence qu’Androa Mindre Kolo, artiste congolais vivant à Strasbourg, y a menée.

Lors de cette visite, je continue un projet que je mène depuis un an, au fil de mes voyages, un travail photographique questionnant les espaces communs dans les grandes villes du monde. A Hautepierre, le coeur des ‘mailles’ non encore réaménagées est un jardin commun. Pas de barrières ni de grilles. L’espace est doux, contraire aux clichés que l’on se fait du quartier. De légères collines, des arbres qui avec le temps ont grandi, une végétation à moitié sauvage qui envahit un peu tout. Cela échappe, quelque chose d’incontrôlé, de libre, à l’abri des regards extérieurs, circule dans ces espaces. Dans les mailles ‘réhabilitées’, cette liberté a disparu.

Le fait que nous soyons un groupe de 40 personnes déambulant tous ensemble dans Hautepierre suscite un malaise chez nombre d’étudiants. Un sentiment d’être des touristes visitant un zoo. Car les représentations d’Hautepierre sont celle d’une banlieue, voire d’un ghetto. Les étudiants sud africains parlent de notre présence en groupe comme si cela avait fabriqué des ‘autres’, créé une différence problématique entre les habitants et nous. Le débat qui s’ensuit a ceci d’intéressant et d’important qu’il amène chacun à interroger la possibilité d’être ou non dans tel endroit de la ville, et de quelle manière. Mais aussi à se demander d’où vient le sentiment de gène qui est exprimé, pourquoi il se révèle fortement ici alors que dans d’autres endroits de la ville cette présence collective ne fait pas débat. L’idée de Barbara M, en organisant la visite de cette manière un peu provocante, était de suggérer qu’après tout le quartier est comme tout autre quartier dans la ville, et que si l’on peut se balader en groupe au centre ville, pourquoi ne le pourrait-on pas à Hautepierre.

Le lendemain Androa emmène une partie du groupe à la banque alimentaire de l’association Bana Congo, implantée à Hautepierre. Les questions sur ce qu’est une position d’artiste, sur le fait qu’il ne s’agit pas obligatoirement de faire quelque chose, d’agir, d’être visible, mais que l’on peut simplement être là, viennent à être discutées. Nous formulons explicitement le fait que si dans le cadre de P>U nous passons une semaine à être là, dans un quartier, et ne rien faire ou presque, la chose est absolument possible.

 



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